26.08.2020 à 09:02

SuisseEmmi a peu souffert du Covid

Semestre contrasté pour le fabricant lucernois de produits laitiers qui a vu ses revenus s’étoffer. Son bénéfice s’est par contre contracté d’un peu plus de 6%.

Emmi se veut «modérément» optimiste pour la suite de l’exercice.

Emmi se veut «modérément» optimiste pour la suite de l’exercice.

KEYSTONE/archive

Emmi n’a que marginalement souffert des conséquences de la pandémie de nouveau coronavirus au premier semestre. Étoffant ses revenus, malgré quelques difficultés aux États-Unis, le fabricant lucernois de produits laitiers a cependant vu son bénéfice net se contracter an de 6,5% à 81,3 millions de francs.

Le tassement du profit net reflète principalement de la prévision d’un taux d’imposition plus élevé, ainsi que d’une hausse des charges financières, explique mercredi l’entreprise établie à Lucerne. Le résultat d’exploitation avant intérêts et impôts (Ebit) a en revanche progressé de 6,4% à 112 millions de francs, la marge correspondante stagnant à 6,3%.

Hausse du chiffre d’affaires

Le chiffre d’affaires s’est hissé à 1,77 milliard de francs, s’étoffant de 6,6%. La croissance organique s’est fixée à 2%. Les acquisitions, au total de cinq – aux États-Unis, en Autriche, au Brésil, en Italie et au Chili, contrebalancées par une cession en Suisse – ont contribué aux revenus à hauteur de 9,5%.

Les effets de change ont quant à eux pesé sur le chiffre d’affaires à hauteur de 4,9%. Après un solide début d’année et une croissance organique de 3,2% en janvier/février, les ventes ont bondi de 10,5% en mars, certains consommateurs constituant alors des stocks, a rappelé Urs Riedener, le directeur général d’Emmi, lors d’une conférence de presse.

Montagnes russes

Avril et mai se sont soldés par des chutes de 7,5% et 5,3% respectivement, du fait des mesures de semi-confinement. Celles-ci levées, les revenus ont nettement repris en juin, affichant un bond de 8,9% sur un an.

La performance semestrielle s’est révélée supérieure aux attentes des analystes. Sondés par AWP, ces derniers avaient en moyenne anticipé un chiffre d’affaires de 1,70 milliard de francs, un Ebit de 100,7 millions et un bénéfice net de 69,1 millions.

Les investisseurs ont salué la performance. À la fête dès l’ouverture de la Bourse suisse, le titre Emmi s’envolait vers 10h30 de 6,38% à 909,00 francs. L’indice de référence SPI gagnait 0,36% dans le même temps.

À l’exception du secteur Global Trade, dont les ventes sont demeurées stables, toutes les divisions du groupe ont contribué à la hausse des revenus. En Suisse, ces derniers ont crû de 2,2% à 828,8 millions de francs. Ajustée de la cession de l’unité Emmi Frisch Services, la croissance organique a atteint 3,8%, un niveau exceptionnellement élevé, note Emmi.

Demande accrue en Suisse

Sur ses terres, le groupe de Suisse centrale a tiré profit d’une demande accrue, en lien avec la fermeture des frontières au plus fort de la crise sanitaire. Emmi a aussi tiré profit de l’évolution des prix du lait.

L’évolution favorable de la demande s’est répercutée sur toute la gamme de produits, en particulier celle des produits au café de la marque «Caffe Latte», relève Emmi.

La division Amériques, laquelle englobe les sociétés du groupe aux États-Unis, au Canada, au Mexique, au Chili, au Brésil, mais aussi en Espagne et en France, notamment, a plus fortement ressenti les effets de la crise sanitaire. Ses revenus ont certes bondi de 15,5% à la faveur des acquisitions à 598,6 millions de francs, mais en termes organiques, ils ont fléchi de 1%.

Restauration et hôtellerie en souffrance

Dans ces régions, Emmi a tout particulièrement souffert dans ses activités liées à l’hôtellerie et la restauration. Prenant le cas des États-Unis, le groupe indique y avoir subi des revers dans le segment du fromage, touché par la fermeture de points de vente et de restaurants.

La division Europe a elle enregistré une croissance organique de ses ventes de 2,1% à 292 millions de francs, présentant une évolution similaire à celle affichée en Suisse. Le déclin des produits frais de commodité a été compensé par la forte croissance des produits laitiers et du fromage.

Optimisme modéré

Évoquant la suite de l’exercice, Emmi se veut «modérément» optimiste, continuant de tabler sur un environnement toujours volatil et marqué par une vive concurrence. Le groupe réduit cependant son attente en matière de croissance des revenus, celle-ci devant désormais s’établir entre 0,5 et 1,5%, contre 2 à 3% jusqu’alors.

L’entreprise de Suisse centrale maintient cependant son objectif en matière d’Ebit, le montant de 255 à 265 millions étant jugé «exceptionnellement ambitieux», mais réalisable pour autant que la marche des affaires demeure stable. Le bas de la fourchette est cependant visé.

Selon Urs Riedener, il ne faut pas s’attendre à une reprise rapide des affaires dans le domaine de la restauration. Cela ne devrait être le cas qu’en 2022.

À la Bourse suisse, les investisseurs ont apprécié ces nouvelles, propulsant le titre Emmi en hausse de 6,0% à 905,50 francs en clôture. L’indice de référence SPI a quant à lui fini en progression de 0,84%.

(ATS/NXP)

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