Thaïlande: Emoticônes satiriques sur la famille royale retirés
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ThaïlandeEmoticônes satiriques sur la famille royale retirés

Une application de messagerie en ligne a supprimé des stickers se moquant de la famille royale.

On ne badine pas avec la royauté, en Thaïlande.

On ne badine pas avec la royauté, en Thaïlande.

photo: Keystone

Une série d'émoticônes tournant en dérision la famille royale thaïlandaise ont été supprimés par Line, application de messagerie en ligne populaire en Thaïlande, où la royauté est protégée par l'une des lois les plus draconiennes au monde. Encore visibles en ligne mardi, ces stickers n'étaient plus téléchargeables jeudi matin, une suppression largement commentée sur les réseaux sociaux.

La famille royale est protégée par une loi contre les crimes de lèse-majesté particulièrement répressive: toute personne offensant le roi, la reine, son héritier ou le régent est passible de jusqu'à 15 ans d'emprisonnement pour chaque délit.

La plupart de ces émoticônes de Line faisaient référence à des scandales ou des rumeurs impliquant des membres de la famille royale. Mais l'un d'entre eux montrait aussi le roi simplement en train de jouer du saxophone, l'une de ses passions.

Création d'émoticônes

Jeudi matin, Line et le ministère thaïlandais de l'Information n'avaient pas répondu aux sollicitations de l'AFP concernant ce retrait. Line, compagnie japonaise, est l'application de messagerie instantanée la plus répandue en Thaïlande. Elle offre ses propres émoticônes, mais permet aussi aux usagers de créer les leurs.

Le gouvernement thaïlandais a ainsi mis à disposition des internautes l'utilisation d'émoticônes incarnant les «12 valeurs» de la junte, allant d'«aimer la Nation, la religion et la monarchie» ou «comprendre correctement la démocratie, avec le roi comme chef d'Etat».

En février, les autorités indonésiennes avaient demandé notamment à Line de supprimer tous les émoticônes et pictogrammes LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels).

Cheval de bataille

Depuis leur prise de pouvoir par un coup d'Etat en mai 2014, les militaires ont fait de la lutte contre le crime de lèse-majesté leur cheval de bataille, dans un contexte de grande incertitude liée à la succession du roi Bhumibol Adulyadej, 88 ans, hospitalisé.

En août, un homme a été condamné à 30 ans de prison et une mère de deux jeunes enfants à 28 ans pour des messages diffusés sur les réseaux sociaux. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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