Actualisé 26.06.2008 à 14:36

Employés Suisse demande 2% d'augmentation

Employés Suisse revendique pour 2009 une compensation générale de l'inflation dans l'industrie des machines et dans le secteur chimie/pharmacie.

Le syndicat demande en plus jusqu'à 2% de hausse réelle des salaires.

Dans le détail, il veut jusqu'à 1,5% de hausse réelle dans les machines et 2% en chimie/pharmacie. La plupart des entreprises de ces branches ont engrangé des résultats record et les prévisions restent bonnes, a souligné Employés Suisse jeudi à Zurich.

De plus, il faut proposer des salaires assez alléchants pour conserver et attirer suffisamment de personnel qualifié, qui est nécessaire pour que ces secteurs continuent à progresser.

Bons salaires

Et les revenus actuels sont déjà «relativement importants», a commenté Werner Reimann, de l'institut de recherche Demoscope. Ce dernier a présenté les résultats d'un sondage auquel 2165 personnes ont répondu ce printemps (dont 1635 dans le domaine des machines).

L'enquête aboutit à un salaire de base moyen de 7962 francs bruts par mois dans l'industrie des machines, des équipements électriques et des métaux (MEM) l'an dernier. Pour la branche chimie/pharmacie, la rémunération mensuelle a atteint 8152 francs. Mais ces moyennes cachent évidemment de gros écarts individuels.

Et surtout, une personne interrogée sur trois n'a pas vu progresser son salaire l'an dernier, a souligné de son côté Stefan Studer, nouveau directeur d'Employés Suisse depuis quelques jours. «Il est difficile de croire qu'un tiers du personnel fournit des performances médiocres au point de ne pas avoir droit à la compensation de l'inflation», s'est-il exclamé.

Toutefois, le syndicat tient compte de la situation des différentes entreprises. Il accepte l'idée d'un gel des salaires pour des sociétés se trouvant en crise - ce qui n'est le cas pour pratiquement aucune pour le moment, selon lui.

Machines: meilleur sentiment

Quant à la différence d'exigence entre les deux secteurs, elle provient d'un sentiment moins positif en chimie/pharmacie que dans le MEM. Dans ce dernier, les employés sondés ont l'impression de pouvoir évoluer dans leur entreprise ou leur branche, tant qualitativement que financièrement.

C'est moins le cas du côté de la chimie/pharmacie, où les hausses se sont avérées plus modestes. Et les travailleurs s'y sentent plus insécurisés face aux restructurations, montre l'enquête.

De plus, la chimie-pharmacie ressent un fort besoin de rattrapage en pouvoir d'achat. La plupart des entreprises (sauf quelques exceptions) y procèdent à des hausses salariales individuelles plutôt que généralisées, ce qui n'a pas permis une véritable compensation de l'inflation réelle, a expliqué Lionel Lecoq, responsable de cette branche au sein d'Employés Suisse.

«Nous ne faisons pas de différence entre la pharmacie et la chimie, même si celle-ci doit faire face à une conjoncture moins favorable que la première. La raison de cette approche est qu'il est relativement facile pour un grand nombre d'employés de passer de l'une à l'autre», a précisé M. Lecoq.

Demande ambitieuse

Reste que la hausse réelle de 2% avait été calculée lorsque l'inflation était encore estimée à 1,7%. Or, l'Office fédéral de la statistique évalue maintenant le renchérissement annuel à 2,5%, un taux qui pourrait même grimper à 3%, a ajouté M. Lecoq.

Cela porterait finalement la demande d'augmentation nominale totale de la chimie-pharma à 5%, et «on peut se demander s'il est réaliste d'espérer la satisfaction d'une d'une telle exigence», a-t-il admis. (ats)

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