Enquête: Transports: en 10 ans, les Vaudois sont devenus multimodaux
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EnquêteTransports: en 10 ans, les Vaudois sont devenus multimodaux

Si les Vaudois sont toujours très attachés à leur voiture, les transports publics et la marche entrent dans les mentalités, selon une étude de l’EPFL.

Dans les régions moins bien desservies en transports publics et dans les centres, la voiture est présente dans neuf ménages d’actifs sur dix. A Lausanne, trois actifs sur quatre disposent d’une voiture.

Dans les régions moins bien desservies en transports publics et dans les centres, la voiture est présente dans neuf ménages d’actifs sur dix. A Lausanne, trois actifs sur quatre disposent d’une voiture.

EPFL

Au cours de la décennie écoulée, les Vaudois sont devenus multimodaux. Si la voiture occupe toujours une place prépondérante, les transports publics et la marche entrent dans les mentalités. L’utilisation du temps de déplacement prend de l’importance dans le choix de la mobilité, selon une étude du Laboratoire de sociologie urbaine de l’EPFL.

Alors que la population a cru de plus de 15% en dix ans, l’offre en transports publics a augmenté de plus de 30%. La place de la voiture et de la mobilité douce a été repensée dans les grandes agglomérations. Des transformations qui ont eu des répercussions sur les habitudes de mobilité, écrit l’EPFL mardi dans son communiqué.

Premier constat, la voiture occupe une place prédominante: dans les régions moins bien desservies en transports publics et dans les centres, la voiture est présente dans neuf ménages d’actifs sur dix. A Lausanne, trois actifs sur quatre disposent d’une voiture.

Stationnement facile

Les conditions de stationnement extrêmement favorables contribuent au maintien de son attractivité : plus d’un actif sur deux qui se rend en voiture au travail à Lausanne y dispose d’une place de parc, jusqu’à trois sur quatre dans les autres régions du canton. Par ailleurs, moins de 35% des actifs utilisant les transports publics bénéficient d’une participation financière de l’employeur pour leur abonnement.

L’image de la voiture, majoritairement positive, se dégrade cependant. Si son coût lui était reproché en 1994, c’est aujourd’hui son caractère polluant qui est réprouvé. Il y a 25 ans, une personne sur dix en avait une image négative, aujourd’hui une sur quatre.

Transports publics trop chers

L’image des transports publics connaît, elle, une évolution en dents de scie. Plus d’un Vaudois sur deux (53%) en avait une image négative en 1994 et seuls 30% une image positive, une tendance maintenue en 2020 pendant la crise sanitaire.

En 2011, le rapport s’est inversé avec 61% des actifs avec une image positive et 26% une image négative. En 2018, petite détérioration avec un Vaudois sur deux ayant une image positive. Alors qu’en 1994, il leur était reproché d’être contraignants et lents, c’est aujourd’hui le prix qui dérange aujourd’hui les utilisateurs occasionnels et les familles.

Vélo estimé dangereux

La mobilité douce, elle, croule sous les compliments: sportive, écologique, pratique, bon marché, confortable. Le vélo reste cependant perçu comme dangereux, notamment à Lausanne et dans sa banlieue, tandis que la marche est qualifiée de lente, surtout pour les longs déplacements hors des centres.

Conséquences de ces perceptions: les habitudes changent. L’utilisation de la voiture diminue, celle de la marche augmente de même que celle des transports publics, hormis dans le périurbain hors agglomération. La tendance est encore plus nette chez les moins de 35 ans, de moins en moins nombreux à avoir une voiture toujours à disposition.

Plusieurs modes

Globalement, les Vaudois sont devenus multimodaux: 40% d’entre eux utilisent régulièrement plusieurs modes de transport et un tiers de manière occasionnelle. Une tendance qui a perduré en 2020 pendant la crise du Covid-19.

Le vélo et le vélo électrique ont encore un potentiel important, estiment les chercheurs. Ils recommandent des itinéraires vélos continus et sécurisés en ville et un plan de déplacements piétons en lien avec les transports publics.

Fréquence plus élevée

Quant à l’utilisation du temps de déplacement, elle prend de l’importance dans le choix modal. Les scientifiques recommandent un meilleur confort d’utilisation des transports publics, une fréquence plus élevée et une vitesse commerciale plus compétitive. Ils préconisent aussi une meilleure offre dans les secteurs périurbains et ruraux ainsi qu’une tarification plus attractive pour les voyageurs occasionnels.

L’enquête a été réalisée sous la direction du professeur Vincent Kaufmann en 2018-2019 auprès d’un échantillon représentatif de la population active. Elle a été complétée pendant la pandémie en 2020 et comparée à d’autres études réalisées en 1994 et 2011.

(ATS/NXP)

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