«En 2003, il y avait déjà des problèmes à la police»
Actualisé

«En 2003, il y avait déjà des problèmes à la police»

LAUSANNE. Ex-flic, le rappeur Saïko dénonce depuis des années les dysfonctionnements au
sein des forces de l'ordre.

Un récent rapport, qui souligne les dysfonctionnements de la police, se base sur des déclarations recueillies dès 2005. Or, deux ans plus tôt, elle connaissait déjà des problèmes, selon le rappeur Saïko, qui parle d'expérience. Avant de se lancer dans la chanson, il a suivi l'école de police à Lausanne. De 2003 à 2004, il dit avoir assisté à des dérapages quotidiens avant de démissionner.

– Ce rapport vous étonne?

– Il ne me surprend pas. La police était déjà inhumaine lorsque j'étais apprenti policier. J'y ai très mal vécu le racisme, la violence et les abus de pouvoir quotidiens. J'ai appris que la parole d'un flic est toujours plus forte que celle d'un requérant d'asile, par exemple. Parfois, les rapports sur une intervention ne correspondaient pas à la réalité.

– Qu'avez-vous fait?

– J'ai dénoncé tout cela auprès de hauts gradés. Une première fois en 2004, lorsque j'y étais. Une deuxième fois, fin 2006, après la sortie de ma chanson «Secret de fonction», qui évoque plusieurs problèmes soulevés par le rapport («20 minutes» du 12 décembre 2006).

– Et ensuite?

– J'ai été écouté. Ils ont promis des changements. Mais cela n'est pas allé plus loin.

Dominique Botti

Ton opinion