12.07.2019 à 09:03

Tennis

En 2008, le chef d'oeuvre de Federer et Nadal

Il y a onze ans, Roger Federer et Rafael Nadal s'affrontaient pour la troisième fois en finale de Wimbledon. Un match considéré comme l'un des plus grands de l'histoire.

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afp/jsa

Ce 6 juillet 2008, Roger Federer et Rafael Nadal se partagent le monde du tennis: le gazon pour le premier, la terre battue pour le second. Sauf que le «Taureau de Manacor», deux fois finaliste face au «Maître» à Church Road en 2006 et 2007, commence à contester cet équilibre. En 2007 justement, l'Espagnol pousse le Bâlois Federer au 5e set (7-6 4-6 7-6 2-6 6-2) mais s'incline. Une désillusion terrible pour lui, qui avait confessé avoir pleuré près d'une demi-heure dans les vestiaires.

Un an plus tard, l'histoire n'est pas la même. Un mois avant leur troisième rendez-vous londonien, ils se croisent d'abord en finale de Roland-Garros. Un cavalier seul. Roger Federer se fait torpiller par Rafael Nadal 6-1 6-3 6-0 en moins de deux heures. Cette défaite va d'ailleurs le poursuivre pendant des années, symbole de son impuissance face à son meilleur rival sur terre battue.

«On ne voyait presque plus»

Elle trotte encore dans sa tête à Londres un mois plus tard. Car «RF», invaincu depuis cinq ans à l'époque sur le gazon anglais, perd d'entrée les deux premiers sets 6-4 6-4. Le public du central, incrédule, assiste à un coup d'Etat. Piqué au vif, il se rebelle et gagne les deux sets suivants au tie-break, en sauvant deux balles de match dans le quatrième.

Le scénario est idéal, et le cinquième immense. Mais la nuit commence à tomber sur le Central, car le match, interrompu trois fois par la pluie, dure déjà depuis près de quatre heures. «On se demandait si cela allait aller au bout tellement il faisait sombre. A la fin du 5e set, on était au plus bas des réglages de luminosité de nos appareils, on ne voyait presque plus», raconte Antoine Couvercelle, un photographe qui suit le circuit depuis plus de 20 ans, présent sur le court ce jour-là.

«Il ne reste plus rien à dire»

Et les deux joueurs continuent de s'écharper jusqu'à ce que Roger Federer cède à 9-7 au crépuscule. Le roi a finalement abdiqué, au bout de la plus longue finale de l'histoire du tournoi, 4h48'. «Au moment de la balle de match, vu qu'il faisait très sombre, quand Nadal s'écroule, les flashs ont alors crépité de partout dans le stade, comme des étoiles. C'était un moment incroyable», se rappelle ce photographe.

Un match d'anthologie qui va laisser John McEnroe abasourdi: «Il ne reste plus rien à dire... Simplement le meilleur match que j'ai eu la chance de voir. Rafa mérite ce titre, il a joué de manière fantastique», déclare beau joueur Roger Federer, qui a «tout essayé».

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