Genève: En 2018, fin de la galère pour une place en crèche?
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GenèveEn 2018, fin de la galère pour une place en crèche?

D'ici trois ans, la quasi-totalité des demandes pour placer son bambin dans une structure d'accueil devraient être satisfaites, promet la Ville.

par
David Ramseyer

«Les parents voient le bout du tunnel», souffle Esther Alder avec un sourire aux lèvres. La Conseillère administrative chargée de la cohésion sociale a annoncé ce mardi que les besoins de places en crèche pour les résidents de la Ville de Genève seront quasiment tous couverts d'ici 2018. Le Service de la petite enfance prévoit que quelques 4100 places seront disponibles dans trois ans. Soit environ 1700 de plus qu'en 2004, 800 supplémentaires par rapport à aujourd'hui.

Cette hausse s'explique par plusieurs facteurs. Un facteur financier d'abord: le budget municipal alloué à la petite enfance a considérablement gonflé, passant de 50 à 84 millions de fr. annuels en une décennie; la hausse pourrait bien se poursuivre. De nombreux lieux ont été réaménagés pour gagner de la place, sans que l'espace réservé à chaque bambin n'ait été réduit, assure Esther Alder: «Les locaux administratifs installés dans les crèches ont par exemple été transférés ailleurs. On a ainsi récupéré l'entier de la surface pour les enfants.» De nouvelles institutions sont aussi prévues. Enfin, plusieurs partenariats avec des entreprises privées ont permis d'augmenter la capacité d'accueil en ville et le processus se poursuivra ces prochaines années. Il concernera aussi le secteur public, comme l'Université de Genève. Une crèche de 58 places doit ainsi s'ouvrir l'an prochain au Centre médical universitaire à Champel.

Nombre de demandes stable

Il faut aussi dire que depuis 2012, le nombre de demandes de places en crèche s'est stabilisé en Ville de Genève. "De plus en plus de parents avec jeunes enfants déménagent dans les communes suburbaines, qui elles aussi se sont mises à construire des crèches", analyse Sandra Capeder, cheffe du Service de la petite enfance. Dans le même temps, les critères et contrôles du Service se sont quelque peu durcis: le fait de résider en Ville, l'ancienneté du dépôt de dossier ou le taux d'emploi des deux parents sont soigneusement examinés.

La nouvelle loi sur l'accueil préscolaire, actuellement en consultation, pourrait encore améliorer la situation pour la Cité de Calvin, selon le Département de la cohésion sociale. Elle prévoit en effet une contribution financière du canton et des entreprises. Mais aussi l'imposition d'un taux minimal d'équipement pour la petite enfance dans chaque commune. Cette mesure allégerait le fardeau de la Ville qui accueille encore en plus de la progéniture de ses habitants celle de gens qui travaillent sur son territoire mais résident ailleurs.

Un nouveau défi, potentiellement périlleux, attend cependant les crèches municipales ces prochaines années: le manque de personnel spécialisé. «Ça va être tendu, admet Sandra Capeder. Il faut renforcer l'encouragement à la formation pour avoir des volées plus nombreuses afin de répondre à la demande.»

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