26.09.2018 à 22:17

Planète

En 45 ans, 1/3 des zones humides ont disparu

Le climat la démographie et l'urbanisation sont responsables de la disparition d'un tiers des zones humides en 45 ans.

Le lac de Salton Sea, en Californie, s'assèche.

Le lac de Salton Sea, en Californie, s'assèche.

AFP

Plus d'un million de personnes dépendent des zones humides au quotidien. Or, celles-ci reculent trois fois plus rapidement que les forêts et environ 35% d'entre elles ont disparu de 1970 à il y a trois ans, selon un rapport publié jeudi.

Chaque région est affectée et la situation s'est détériorée en près de 20 ans, conclut cette première évaluation présentée par le secrétariat de la Convention de Ramsar chargée de protéger les zones humides. En cause, le changement climatique, l'augmentation de la population ou encore l'urbanisation grandissante, notamment dans les zones côtières, modifient les habitudes de consommation.

Celles-ci ont provoqué des conséquences sur le recours à l'eau et à l'agriculture. Selon les estimations, les zones humides sont à 93% intérieures et couvrent plus de 12,1 millions de km2, davantage que le Canada. Près d'un tiers se trouvent en Asie, mais le taux de recul le plus important a affecté l'Amérique latine.

Les zones regroupent les lacs, les rivières ou encore les zones côtières ou marines. Une sur six environ est protégée par la Convention ratifiée par 170 pays dont la Suisse.

Nourriture ou médicaments

Les zones humides constituent un écosystème crucial et accueillent 40% des espèces. Elles contribuent directement ou indirectement à quasiment l'ensemble de la consommation mondiale d'eau douce.

Mais elles sont aussi importantes pour la nourriture, les matières premières, les médicaments, les transports. Elles atténuent les inondations et alimentent les Objectifs du développement durable (ODD). Selon des évaluations, leur valeur économique dépasse largement celle des zones terrestres.

Autre indication, les zones humides régulent le climat. L'augmentation des températures devrait toutefois étendre les émissions de gaz à effet de serre de cet écosystème.

La Convention appelle les responsables politiques nationaux à davantage d'efforts. Les Etats parties doivent se réunir prochainement aux Emirats arabes unis. La pollution de l'eau et les nutriments constituent les principaux défis.

Incitations fiscales

Selon l'ONU, plus de 80% des eaux usées ne sont pas rejetées dans les zones humides de manière adaptée. Et le recours à des fertilisants agricoles devrait cette année avoir augmenté de 25% en dix ans.

Les conséquences sur la biodiversité sont tout aussi «alarmantes». Plus de 25% des plantes et des animaux des zones humides sont menacés, selon la Liste rouge de l'Union internationale de conservation de la nature (UICN).

Il faut prendre l'évaluation publiée jeudi comme un appel à l'«action collective urgente», estime la secrétaire générale de la Convention, Martha Rojas Urrego. Sans les zones humides, les ODD «ne seront pas atteints», dit-elle. Le rapport recommande notamment des plans de prise en charge de ces sites et leur prise en compte dans les dispositifs plus larges.

Davantage de données doivent être établies pour aider les pays à décider de priorités. Des mécanismes de financement pour inciter fiscalement les populations et les entreprises à protéger les zones humides doivent eux être utilisés. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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