Actualisé 20.05.2014 à 22:42

Festival de Cannes«En août», un court métrage suisse à Cannes

La Suissesse Jenna Hasse sera à Cannes pour la projection jeudi de son court métrage «En août» à la Quinzaine des réalisateurs.

von
cma

Née en 1989 à Lisbonne, élevée à Saint-Cergue (VD), actuellement étudiante dans une école de comédiens à Bruxelles, Jenna Hasse a tourné les 6 minutes de «En août» sans penser que ce court métrage finirait projeté sur la Croisette.

- Comment avez-vous produit ce court métrage?

- Ce n'était pas un exercice lié à l'école. J'avais écrit un autre scénario, assez long et compliqué. Mes amis m'ont conseillé de faire quelque chose de plus simple avant, une sorte de tour de chauffe pour pouvoir montrer quelque chose à des producteurs pour la suite.

Je suis partie sur un exercice simple, deux acteurs et une pièce, ce qui est un peu le niveau zéro d'un scénario. Le résultat ne respecte finalement pas du tout la règle! Je n'ai pas eu de boîte de production, c'était auto-produit. On a tourné deux jours et demi à Ovronnaz.

Ensuite j'ai envoyé le film à Swissfilm qui l'a mis sur le DVD d'une dizaine de courts métrages qu'ils éditent pour présenter la production suisse dans des marchés. C'est comme ça que la Quinzaine a vu mon film et l'a sélectionné.

- Quelle a été votre réaction en apprenant cette sélection?

- Je ne m'y attendais pas. Vu les échos positifs sur le film, je visais Locarno. Mais la Quinzaine… Evidemment, Cannes c'est prestigieux, impressionnant. Mais à la Quinzaine je pense que je suis au bon endroit.

- Il y a des choses que vous redoutez à Cannes ?

- En y allant avec un film, j'ai l'impression d'y aller avec quelque chose qui m'appartient. J'y vais avec moins de fragilité en tant que réalisatrice qu'en tant qu'actrice. J'espère que le film va rencontrer un public, continuer sa vie. Il ne m'appartient plus tellement, en fait.

- Comment avez-vous choisi la petite fille qui joue dans le film?

- J'ai écrit un mail par le biais d'amis de mes parents en disant que je cherchais une petite fille. J'en ai vues trois et j'ai directement choisie Clarisse. Elle n'a jamais fait de théâtre, mais elle a très vite tout compris du cinéma. Il y a eu des moments où ça a coincé, par exemple pour une scène dans la douche. Elle devait se déshabiller, elle a eu peur. Finalement on a changé la scène. Avec les enfants on ne peut pas tricher. Ils savent très vite si c'est des mensonges. Du coup quand j'étais franche, que je lui disais ce qui n'allait pas, elle comprenait tout de suite et elle changeait.

- Elle vous a apporté des choses que vous n'attendiez pas?

Ce qui est dingue, c'est qu'elle jouait pour moi. Après chaque prise elle me regardait pour voir si c'était bien. Son intérêt n'était pas que la scène fonctionne, mais de voir si j'étais contente ou pas.

- Techniquement, votre expérience d'actrice vous a-t-elle aidée?

- Avec mon école on fait principalement du théâtre, mais j'ai fait pas mal de tournage en tant qu'actrice. J'étais toujours avec tous les corps de métier et très vite j'ai appris le fonctionnement d'un tournage. Evidemment j'ai une expérience d'actrice mais j'essaie de m'entourer de gens qui ont d'autres compétences que moi. Je n'ai jamais eu envie de faire une école de réalisation. J'ai l'impression que ma place en premier lieu était sur le plateau en tant qu'actrice. Je pars toujours de cet endroit-là pour travailler.

- Au moment de devenir comédienne, aviez déjà le pressentiment que vous pourriez passer derrière la caméra?

- J'ai commencé à faire du théâtre très tôt, à onze ans. Quand j'avais 18 ans, en dernière année de gymnase à Morges, j'ai réalisé un film dans le cadre de mon travail de matu. En fait les deux étaient toujours liés.

- Le scénario sur lequel vous travaillez actuellement a-t-il une thématique proche de votre court?

- C'est totalement différent. Cela parle aussi d'une séparation, mais d'un couple plus âgé. Et ça se passera au Portugal. Par contre j'aimerais bien adapter un roman de Ramuz, «L'amour du monde», qui raconte l'arrivée du cinéma au début du siècle dernier dans un petit village du Lavaux.

«En août»

«Ce que je souhaitais raconter dans le film, au delà d’une séparation, c’est le passage de cette petite fille de l’enfance vers un âge plus mûr, et filmer ainsi le basculement de son regard», explique Jenna Hasse à propos de son court métrage. Lequel sera projeté le 5 juin à 19h30 au Grütli à Genève.

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!