«En art contemporain, le spectateur est un DJ»

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«En art contemporain, le spectateur est un DJ»

L'artiste contemporain genevois le plus quoté a carte blanche sur quatre étages au MAMCO. Il a rempli 30 salles de ouate, de chaises ou de boules à facettes.

Genevois pure souche, John Armleder a grandi dans un hôtel de luxe pour devenir l'un des artistes contemporains les plus demandés du marché. C'est à lui que le Musée d'art moderne et contemporain (MAMCO) a prêté les clés du bâtiment.

– Vous prétendez que l'art contemporain et le MAMCO ne sont pas élitistes. Mais on ne peut pas dire du musée ni de vous que vous soyez populaires. Comment donner aux Genevois l'envie de voir votre exposition?

– On pense qu'il y a une méthode à intégrer pour comprendre l'art contemporain. Il n'y en a pas. Tout est à disposition. L'exposition est comme une usine. C'est au spectateur de construire son sens. Comme un DJ: il fait du sampling avec la musique qui est à sa disposition.

– Cette exposition est une rétrospective de votre travail. On en organise généralement quand les artistes sont morts. Cela ne vous gêne-t-il pas?

– Non. Récemment, à Zurich, une de mes expositions couvrait la période 1962-2007. On peut donc même faire une rétrospective qui anticipe sur une œuvre!

– Votre ville natale vous ouvre son musée. Etes-vous sensible à ce type d'hommage?

– Oui, car mes amis sont ici. Le regard est forcément différent qu'à New York ou Sydney. Et il y a généralement un snobisme à ne pas s'intéresser à ce qui est devant nos yeux.

– Il y a eu une fusion dans les écoles d'art à Genève. Avez-vous l'impression qu'il se passe quelque chose d'intéressant ici?

– Les artistes sont de plus en plus responsables dans la promotion de leur travail. Ils veulent être remarqués et font preuve de générosité pour que cela arrive. A mon époque, on ne se parlait pas entre Suisse romands et alémaniques!

David Haeberli

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