Etats-Unis: En Californie, les morts vont peut-être parler
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Etats-UnisEn Californie, les morts vont peut-être parler

La police scientifique commence à prélever des échantillons d'ADN sur les cadavres d'anciens détenus. Objectif: résoudre les crimes non élucidés.

par
Guillaume Serina
Los Angeles

C'est une première aux Etats-Unis. Les procureurs de l'Etat de Californie ont désormais la possibilité de faire prélever des échantillons d'anciens condamnés et détenus aujourd'hui décédés. Le but est de pouvoir comparer leur ADN aux différentes preuves matérielles dans des affaires de crimes non élucidés. Il s'agit des cas de «cold cases» («dossiers froids») pour lesquels les juges n'avaient pas pu prélever les échantillons en question – faute de temps ou parce que la technique n'existait pas encore. D'ores et déjà, les magistrats des Comtés de Los Angeles, Sacramento (la capitale du Golden State) et d'Orange (au Sud de L.A.) sont au travail, relate le «Los Angeles Times».

«Nous devons aux familles (des victimes) – que la personne soit décédée ou pas – de leur donner la réponse qu'elles méritent, estime Anne-Marie Schubert, une procureur adjointe de Sacramento. «C'est le but principal». La loi autorisant un tel procédé a été votée l'année dernière. Une première enquête a déjà pu être résolue: elle a désigné Juan Chávez comme le meurtrier d'un homme dans la région de Los Angeles en 1990. Chávez, un serial killer qui avait été condamné après avoir plaidé coupable de cinq meurtres par strangulation à la fin des années 80, s'était suicidé en prison en 1999. Les enquêteurs ont pu retrouver une fiole de son sang, conservée depuis son autopsie. Les données de son ADN ont été entrées dans le système informatique et le logiciel a révélé une correspondance avec de la salive retrouvée sur une cigarette dans l'appartement de la victime.

La loi californienne est la première qui donne autant de moyens à la justice à si grande échelle. Pour Michael Rischer, avocat de l'Association pour les Droits civiques (ACLU), le prélèvement massif d'échantillons ADN sur les vivants demeure controversé, à cause de la présomption d'innocence notamment. Mais selon lui, plus personne ne conteste vraiment la même procédure sur des morts. «L'ADN de tout le monde est forcément quelque part, reprend Anne-Marie Schubert. Nous allons réussir, tout n'est question que de temps et de détermination».

(France USA Media)

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