France: Des législatives incertaines poussent Macron dans l’arène

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FranceDes législatives incertaines poussent Macron dans l’arène

Jeudi, le président Emmanuel Macron a appelé les Français à lui octroyer une majorité à trois jours du premier tour des législatives.

Renvoyant dos à dos la gauche et l’extrême droite, le président Emmanuel Macron a estimé qu’elles représentaient «le désordre» pour la France.

Renvoyant dos à dos la gauche et l’extrême droite, le président Emmanuel Macron a estimé qu’elles représentaient «le désordre» pour la France.

AFP

À trois jours du premier tour des élections législatives en France, le président Emmanuel Macron a appelé, jeudi, les Français à lui donner «une majorité forte et claire» en renvoyant dos à dos la gauche radicale et l’extrême droite. Sans les nommer expressément, Emmanuel Macron s’en est pris au chef de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon et à la candidate d’extrême droite Marine Le Pen, qui veulent, selon lui, notamment «revenir sur les alliances qui, comme l’OTAN, assurent la sécurité collective et protègent les peuples» au moment «où je parle avec la Russie qui massacre les civils en Ukraine».

«Les extrêmes aujourd’hui proposent d’ajouter de la crise à la crise en revenant sur les grands choix historiques de notre nation», a lancé le chef de l’État français, dramatisant l’enjeu du scrutin depuis Puycelsi, petit village du sud-ouest de la France. Il a aussi dénoncé leur volonté de «remettre en cause l’Europe, elle qui nous a protégés durant le Covid, l’Europe sans laquelle nous n’aurions pas eu de vaccin».

«Rien ne serait plus dangereux»

Le discours d’Emmanuel Macron a sonné comme un appel à la mobilisation, au moment où une alliance de partis de gauche sous la houlette de Jean-Luc Mélenchon pourrait menacer la majorité absolue du parti d’Emmanuel Macron et ses alliés centristes à l’Assemblée nationale. L’absence d’une telle majorité compliquerait le chemin des réformes que le président souhaite entreprendre pour son second mandat, sur les retraites notamment.

Renvoyant dos à dos la gauche et l’extrême droite, il a estimé qu’elles représentaient «le désordre» pour la France et dit vouloir «alerter les Français sur l’importance du choix» lors de ces législatives. «Rien ne serait plus dangereux que d’ajouter au désordre mondial un désordre français que proposent les extrêmes», a-t-il dit, en critiquant aussi leurs projets économiques.

Majorité relative ou absolue

La réplique du leader de la gauche radicale n’a pas tardé. «Ce n’est pas au président de mener la campagne législative», a déclaré Jean-Luc Mélenchon, regrettant «toutes sortes d’agressions inutiles» traduisant une «fébrilité». Les Français doivent renouveler la totalité de l’Assemblée nationale, soit 577 députés, lors d’un scrutin majoritaire à deux tours, les 12 et 19 juin, un mois et demi après la réélection du président Macron le 24 avril face à Marine Le Pen.

Le principal enjeu est de savoir si Emmanuel Macron disposera d’une majorité relative ou absolue à l’Assemblée et le poids des oppositions, notamment de gauche. Or, selon les derniers sondages du premier tour dimanche, l’alliance de Jean-Luc Mélenchon obtiendrait 28% des intentions de vote, contre 27% pour le parti du président Macron et ses alliés, le parti de Marine Le Pen arrivant loin derrière en troisième position.

Macron s’insurge contre les propos de Mélenchon

Emmanuel Macron a profité de ce déplacement, axé sur la sécurité en milieu rural, pour détailler les grands axes de son programme pour le second quinquennat, notamment pour «doubler» la présence des forces de l’ordre sur la voie publique d’ici à la fin de la décennie, «ce qui est une petite révolution».

Il s’est en outre insurgé contre les propos tenus par Jean-Luc Mélenchon sur «la police qui tue» en France, après la mort d’une jeune femme tuée lorsque des policiers ont tiré, samedi, sur une voiture à Paris. «Il y a des choses que, de là où je suis, je ne peux pas accepter, c’est qu’on insulte celles et ceux qui risquent leur vie pour protéger la nôtre», a déclaré le président français.

Auparavant, dans la ville de Gaillac, jeudi matin, Emmanuel Macron a été interpellé par une jeune femme au sujet de deux ministres accusés de violences envers des femmes. La libération de la parole, «je l’ai accompagnée et je continuerai de l’accompagner, de la protéger. En même temps, pour fonctionner en société vous devez avoir de la présomption d’innocence», a-t-il répondu. Les cris de «menteur» et un «vous êtes abominable» ont alors retenti.

(AFP)

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