Actualisé 26.03.2015 à 19:35

Ain (F)/Genève

«En cas d'accident grave, il faudra évacuer Genève»

Craignant un Fukushima à ses portes, la Cité de Calvin a annoncé jeudi vouloir hausser le ton contre la France pour obtenir l'arrêt d'un réacteur.

de
Julien Culet
La Ville réclame la fermeture de la centrale depuis plusieurs années. Sans succès.

La Ville réclame la fermeture de la centrale depuis plusieurs années. Sans succès.

S'estimant mise en danger par la centrale nucléaire du Bugey, située à 70km, la Ville de Genève envisage de porter plainte contre le fournisseur français d'électricité EDF. Pour ce faire, le conseiller administratif Rémy Pagani a annoncé jeudi s'être allié à une ex-ministre française de l'environnement: l'avocate Corinne Lepage. Car, pour le magistrat, le risque est réel du fait de la proximité. «C'est comme si la centrale était à Lausanne», illustre-t-il. D'après lui, l'installation vieille de 42 ans est «vétuste et très dangereuse. Une catastrophe pourrait causer la mort de milliers de Genevois.»

«En cas d'accident grave, en fonction du vent, il faudra évacuer Genève pour une durée indéterminée», estime pour sa part Walter Wildi, ancien président de la commission fédérale de sécurité nucléaire. «Par contre, Lausanne, à 130km, est beaucoup moins concernée. Mais elle serait touchée par un problème à Mülheberg (BE)», ajoute le spécialiste.

Pour prévenir tout événement, l'Autorité de sûreté nucléaire française suit le site du Bugey de très près. En 2014, 35 inspections y ont été menées. «Ce chiffre est élevé pour une centrale. Mais nous avions constaté des manquements dans la maintenance, explique le chef de la division Lyon Matthieu Mangion. La situation s'est améliorée depuis.» En revanche, il juge «incorrect de faire le lien entre âge et niveau de sûreté car le matériel est constamment adapté».

Sollicité, EDF n'a pas donné suite à nos appels.

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