Actualisé 05.04.2020 à 05:19

Genève

En cas d'AVC, «allez aux urgences sans hésiter»

L'association Fragile pour les cérébro-lésés insiste: en cas de symptômes, les victimes doivent impérativement se rendre aux urgences, qui continuent de fonctionner malgré le virus.

de
Lucie Fehlbaum
Les hôpitaux universitaires genevois ne constatent pas de baisse de fréquentation des urgences.

Les hôpitaux universitaires genevois ne constatent pas de baisse de fréquentation des urgences.

Keystone

«Depuis le 16 mars, soit le début des mesures sanitaires imposées par la Confédération, on enregistre 20% de suspicions d'AVC en moins aux urgences. Or, cette courbe est en constante augmentation.» L'association Fragile, au service des personnes cérébro-lésées, est inquiète. Selon sept centres de traitement des accidents vasculaires cérébraux, les personnes présentant des symptômes hésitent à se rendre aux urgences. Or, les séquelles d'un tel trouble non-soigné peuvent être graves. «Une partie des victimes risquent le décès, explique Sophie Roulin-Correvon, porte-parole de Fragile. Selon la zone du cerveau impactée, on risque aussi des pertes de parole ou de motricité, parmi les conséquences les plus connues. Il ne faut pas hésiter à consulter.»

Selon l'association, deux facteurs freinent ceux qui devraient pourtant se rendre aux urgences. D'une part, la crainte de surcharger le système de santé, en pleine crise du coronavirus. Mais également la peur de contracter le virus. «Dès 65 ans, le risque d'AVC double, précise Sophie-Roulin-Correvon. En contractant une autre pathologie, on aggrave encore les conséquences de l'accident. Les gens peuvent être confus. D'autant qu'on nous répète qu'il faut rester à la maison. Ces injonctions rendent certains patients timides.» Les personnes seules peuvent par ailleurs peiner à diagnostiquer leur AVC. «Un des symptômes est l'incapacité soudaine à comprendre le langage ou à s'exprimer de manière audible. Une personne seule peut passer à côté de ça.»

Les urgences sont ouvertes

A Genève, les hôpitaux universitaires (HUG) le répètent: les urgences sont ouvertes et accueillent toutes les personnes souffrantes, virus ou non. «Les HUG ont mis en place deux filières distinctes : l'une pour les patients positifs au coronavirus ou fortement suspects de l'être, et l'autre pour les patients négatifs. Ceci quel que soit le motif de recours aux urgences, assure le porte-parole de l'institution, Nicolas de Saussure. Cela permet de réduire fortement le risque de contagion.»

En outre, tous les patients arrivés en ambulance et présentant une urgence vitale, traumatologiques graves, neuro-vasculaires, cardiologiques et COVID-19 sont traités directement aux HUG. La plupart des autres urgences sont dirigées vers la Tour, la Clinique des Grangettes ou la Clinique de la Colline. Autrement dit, des symptômes aigus d'AVC seront de toute manière pris en charge aux HUG. Pour l'heure, le réseau de soins du bout du lac ne constate pas de baisse des consultations urgentes.

Reconnaître les symptômes

Fragile appelle la population à se rendre aux urgences en cas de signes, même légers, d'AVC ou d'attaque ischémique transitoire, qui peut être le signe avant-coureur d'une attaque plus grave. Voici les principaux symptômes nécessitant un appel impératif du 144:

- Hémiplégie, faiblesse ou perte de sensation au niveau du visage, du bras ou de la jambe

- Difficulté à parler, à trouver des mots ou à comprendre le langage parlé

- Troubles visuels

- Vertiges, nausées, vomissements

- Troubles de la marche et de l'équilibre

- Maux de tête soudains et violents (en cas d'hémorragie cérébrale)

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