31.03.2020 à 11:26

Coronavirus en Inde

En confinement, ils doivent envoyer un selfie par heure

Pour s'assurer que les habitants respectent leur mise en quarantaine, les autorités de l'Etat du Karnataka ont pris une mesure drastique.

de
joc

Pour s'assurer que leurs habitants respectent bien les consignes de confinement, un Etat du sud de l'Inde a opté pour une méthode pour le moins controversée. Le Ministère de la santé du Karnataka a en effet décrété que les gens placés en quarantaine devaient télécharger une application sur leur téléphone. Une fois cette tâche effectuée, les habitants sont sommés d'envoyer toutes les heures – de 7h à 22h – un selfie au gouvernement, explique BuzzFeed. L'application envoie également les coordonnées GPS de la personne, ce qui permet aux autorités de vérifier l'endroit où elle se trouve.

Si un habitant en quarantaine n'envoie pas de selfie, il risque d'être transféré vers l'un des centres de quarantaine du gouvernement, dont les conditions d'hygiène laissent cruellement à désirer. «Chaque individu placé en quarantaine à domicile est suivi par l'équipe chargée de vérifier les photos pour le gouvernement. Donc, si de fausses photos sont envoyées, la personne qui a fraudé sera placée dans un centre de quarantaine», explique le ministère dans un communiqué. Cette annonce passe extrêmement mal au sein de la population, qui estime que la mesure est une infraction à la vie privée.

Plus tôt ce mois, l'Etat de Maharashtra avait commencé à tamponner les mains des gens arrivant en Inde par avion. La date de la fin de leur confinement y est marquée à l'encre indélébile.

Des centaines de milliers de travailleurs migrants en mouvement

Les autorités indiennes tentent de juguler l'exode de centaines de milliers de travailleurs migrants, privés de travail en raison du confinement. Ces travailleurs privés d'emploi ont quitté massivement les grandes villes, en particulier Delhi, pour regagner leurs villages, marchant parfois sur de très longues distances avec très peu d'argent et de nourriture. Cet exode a soulevé des craintes quant à la propagation du virus. Beaucoup se sont retrouvés entassés par les autorités dans des autocars ou des camps de secours.

Les autorités de la capitale indienne ont fermé dimanche soir les frontières de la région pour tenter de stopper les départs et ordonné l'installation d'abris. Lundi, les foules avaient disparu en banlieue de Delhi et les autorités ont indiqué nourrir 400'000 personnes, avec plus de 550 écoles transformées en abris. Selon le quotidien «Times of India», quelque 5000 personnes ont été installées sur un circuit automobile près de Delhi. L'Etat de Maharashtra (centre), dont la capitale est Bombay, a mis en place 262 camps d'urgence abritant 70'399 personnes, selon les autorités locales. L'Uttar Pradesh (nord) a annoncé l'ouverture de 600 abris qui serviront de zone de quarantaine.

Selon un dernier décompte officiel dimanche, l'Inde, pays de 1,3 milliard d'habitants, enregistre plus de 1 millier de cas d'infections avec 29 décès. De nombreux experts s'interrogent sur ces chiffres, pointant le faible nombre de personnes testées.

(joc/afp)

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!