Voile - D35 Trophy: En course, il n'y a pas une seconde de silence
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Voile - D35 TrophyEn course, il n'y a pas une seconde de silence

Ce week-end sonne l'entame du championnat 2015 des catamarans D35. «20 minutes» s'est invité à bord de Realteam pour une régate d'entraînement.

par
Oliver Dufour
le Petit-Lac

La présentation du D35 par Web TV Genève.

En ce jeudi après-midi ensoleillé qui précède le Grand Prix d'ouverture du D35 Trophy, les airs sont très légers. A peine 4 à 5 nœuds (environ 8km/h) de vent caressent le Petit-Lac, au large de la Société Nautique de Genève, où les organisateurs de l'épreuve qui durera tout le week-end ont posé un parcours d'entraînement. Les 11 équipages peuvent ainsi peaufiner les ultimes réglages à bord de leurs multicoques en situation de course.

«Naviguer dans dix nœuds de plus aurait été mieux», sourit Jérôme Clerc qui barre le catamaran bleu de l'équipe. «Dix à quinze nœuds (ndlr: de 18 à 28km/h, environ) c'est l'idéal pour ce type de bateau. La limite supérieure est fixée à 20 nœuds (ndlr: env. 37km/h). Après ça devient rock n' roll», se marre le Vaudois. Le skipper et ses cinq équipiers, Bruno Barbarin, Thierry Wasem, Esteban Garcia, Cédric Schmidt et Denis Girardet, viennent de remporter la première manche d'entraînement, grâce à un choix tactique gagnant sur le dernier bord de vent arrière.

Tout pour franchir la ligne pile à l'heure

Tanguy Leglatin, coach de l'équipe, s'approche sur son Zodiac pour un court débrief de la course. Il insiste notamment sur le fait d'éviter d'être pénalisé par le jury, en s'écartant bien du passage des concurrents, au moment de contourner les bouées délimitant le parcours. Puis on repart pour une deuxième manche. «Quatre minutes avant le départ dans cinq... quatre... trois... deux... un... top!», égrène le barreur en s'approchant de la ligne imaginaire tirée entre le bateau du comité de course et une bouée. Régulièrement, l'équipage fait un pointage sur le compte à rebours. Il s'agit d'être synchronisé à la perfection pour ne pas franchir la ligne trop vite. Ou arriver en retard.

C'est parti! Avec un très bon départ. «C'est un peu mollissant, on a un peu perdu sur Zen Too (ndlr: un bateau concurrent)», lâche Thierry Wasem, qui observe au poste de No 1 de l'équipage, à l'avant du bateau. «Borde d'un petit «click», Denis», enchaîne Bruno Barbarin, le tacticien, exhortant Denis Girardet, le régleur de la grand-voile de 80m2 de la ramener encore plus dans l'axe du bateau. Pas une seconde de silence, lorsqu'on est en course. Outre le claquement des voiles ou le cliquetis des winches, les six équipiers communiquent en permanence, prenant la parole à tour de rôle. Et toujours avec un calme déroutant. «On est trois longueurs devant Tilt», informe l'un d'entre eux. «Ca se joue entre Zen, Okalys et nous», affirme un autre.

La fameuse ou la classique?

La bouée au vent, ou plutôt la porte composée de deux bouées entre lesquelles il faut passer, approche. «Paré à virer? Tout doux, y a de la vague». Le cylindre orange flottant est contourné en tête. C'est le moment de réduire le code-zéro, la voile avant pour petit temps, qu'on sert jusqu'à 8 nœuds, pour dérouler l'immense gennaker de 130m2 – «un joli petit appartement», plaisante Jérôme Clerc – qui permettra d'être emmenée avec le vent dans le dos jusqu'à la prochaine marque. «On y va avec une fameuse ou une classique?», interroge le barreur. «Fameuse», finit par trancher le tacticien, après quelques secondes d'hésitation.

La fameuse? «On passe la bouée sur le bord opposé, ce qui nous force à empanner, c'est-à-dire faire pivoter la voile de l'autre côté de l'axe du vent», éclaire le skipper. «Avec la classique, il suffit d'enrouler l'autre bouée.» Une courte remontée au vent plus tard, Realteam remporte aussi la deuxième manche. Puis nouvelle intervention de coach Tanguy, qui aimerait bien que l'équipage dispute la prochaine «dans le paquet», plus au milieu de la flotte. On proteste un peu. Volontairement ou non, la troisième manche est bouclée au 4e rang.

Et ça sera tout pour aujourd'hui. On fait le bilan de la journée. Le coach aimerait améliorer encore la communication à bord, parmi d'autres réglages. «Mais c'était une bonne journée», résume-t-il. Dès vendredi, en fin de matinée, et jusqu'à dimanche après-midi, on régatera pour de vrai. Il s'agira pour Realteam de reproduire le plus souvent possible les bonnes manœuvres ainsi répétées. Là, les résultats auront vraiment toute leur importance.

D35 Trophy 2015: les 8 manches

8 au 10 mai - Grand Prix d'ouverture (SN Genève)

23 et 24 mai - Open de Versoix

6 juin - Genève-Rolle-Genève

5 et 7 juin - Open du CNV (Versoix)

13 juin - Bol d'Or

5 et 6 septembre - GP Comptoir Immobilier (YC Genève)

12 et 13 septembre - Open de Crans

25 et 26 septembre - Grand Prix de clôture (SN Genève)

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