Zurich: «En dansant comme ça, tu risques de te faire peloter»
Actualisé

Zurich«En dansant comme ça, tu risques de te faire peloter»

Une femme a été mise en garde par un videur, parce qu'il estimait que sa manière de danser pouvait lui attirer des ennuis. Selon le club, il voulait la protéger.

par
rmf/bec
Les clubbeuses étaient venues depuis Bâle pour la soirée latino du Jade Club, où a eu lieu l'incident.

Les clubbeuses étaient venues depuis Bâle pour la soirée latino du Jade Club, où a eu lieu l'incident.

Les faits se déroulent dans une boîte zurichoise, le Jade Club, qui organisait ce jour-là une soirée latino. Quatre Bâloises avaient fait le déplacement exprès pour cette «Noche Caliente», et danser sur des chorégraphiques inspirées du style:

«Arrête de danser comme ça»

Au cours de la soirée, un videur s'approche d'une des femmes. «Il m'a dit que je devais arrêter de danser comme ça, raconte-t-elle. Ce n'est pas correct qu'un agent de sécurité vienne me dire «Ecoutez, si vous continuez à bouger comme ça, vous ne devrez pas vous étonner que des hommes vous mettent la main au cul ou vous suivent sur le chemin du retour!»

La femme de 39 ans a alors écrit un mail au club pour se plaindre. Elle décrit son cas et explique ce qui l'a le plus dérangée: «Le personnel de sécurité joue un rôle important dans la vie nocturne, et devrait se concentrer sur les cas de harcèlement sexuel plutôt que de condamner ses clients pour leur style de danse», a-t-elle écrit. «C'est comme si on m'expliquait que c'est normal qu'une femme soit violée parce qu'elle porte une robe moulante.»

Malentendu

Le club parle d'un malentendu, mais confirme que l'échange a bien eu lieu. «L'agent voulait protéger la femme des attaques potentielles, explique Corina Freudiger, porte-parole. Il nie avoir dit qu'elle ne devait pas s'étonner si elle se faisait suivre.» Elle ajoute que le groupe dansait dans un endroit de passage étroit, ce qui pouvait causer une proximité physique non désirée. Le personnel est donc formé pour reconnaître les situations à risque.

Des labels romands pour former les agents

«On dit souvent aux femmes de faire attention, mais on essaie trop peu d'éduquer les hommes», rappelle Thierry Wegmuller, patron du D! club à Lausanne. «En soirée, on vient pour s'amuser et danser, et ce n'est pas à nous de juger. Le seul cas où on interviendra, c'est si la personne est très alcoolisée et qu'on détecte un problème potentiel.»

Les boîtes de nuit romandes se sont récemment penchées sur ce genre de situation. A Genève, le label «We Can Dance It» promeut des valeurs égalitaires et non sexistes dans les clubs. Née à Lausanne, une charte appelée «Label Nuit» met également en avant la formation du personnel de sécurité et de bar.

Ton opinion