En épousant Carla, Sarkozy veut calmer le jeu sur sa vie privée
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En épousant Carla, Sarkozy veut calmer le jeu sur sa vie privée

En épousant samedi Carla Bruni dans la discrétion, Nicolas Sarkozy a voulu régulariser une situation qui brouillait son image auprès des Français.

Le président a en effet dû faire face à de nombreuses critiques sur la mise en scène de sa vie privée.

Rompant avec la médiatisation qui avait placé sous le feu des projecteurs sa relation avec l'ex-top model, d'une première escapade en décembre à EuroDisney à des vacances en Egypte et en Jordanie, c'est «dans la plus stricte intimité» que Nicolas Sarkozy s'est marié au Palais de l'Elysée, selon le communiqué laconique émis par la présidence.

Pas de photos, pas d'images sur les chaînes de télévision: si l'événement a fait la une des médias, y compris dans plusieurs pays d'Europe, il avait été préparé dans le plus grand secret.

«Il y a de fortes chances que vous l'appreniez quand ce sera déjà fait», avait promis en janvier M. Sarkozy aux journalistes, se défendant de toute mise en scène de sa vie privée, qui commençait à heurter l'opinion, notamment la frange conservatrice de son électorat.

Popularité en chute

«Les consignes ont été claires, ni photos, ni confidences. Les sondages en berne ont eu raison de l'étalage excessif de la vie privée du chef de l'Etat», relevait le «Journal du Dimanche».

«Tout rentre dans l'ordre à cinq semaines des élections municipales tant redoutées par la droite qui craint le vote sanction d'un électorat troublé par l'image trop clinquante du chef de l'Etat», ajoutait le «JDD».

Selon un dernier sondage, seuls 41% des Français font confiance à M. Sarkozy, un taux en forte chute ces dernières semaines. Outre la surexeposition de la vie privée, le sentiment que le président ne tient pas ses promesses en matière de pouvoir d'achat explique cette chute, selon les analystes.

Un président au travail

«Le camp sarkozyste escompte que son héros pourra se remettre pleinement au travail, le montrer et le faire savoir», relevait le journal «Le Parisien», rappelant que les huit premiers mois du mandat de Sarkozy - qui avait divorcé de Cécilia en octobre après onze ans de mariage tumultueux - «ont été largement occupés par la 'séquence people'».

Le mariage devrait aussi régler de délicates questions de protocole, qui avaient notamment empêché Carla Bruni d'accompagner Nicolas Sarkozy lors d'une récente visite officielle en Inde.

Le «Sunday Times» soulignait ainsi que l'officialisation de la liaison allait «épargner l'embarras» de la reine Elizabeth II, qui recevra le président en son château de Windsor fin mars, et «devait décider s'il fallait offrir des chambres séparées à 'speedy Sarko' et sa copine».

«Prédatrice» ou «mine flottante»

Reste que la personnalité affirmée de Carla Bruni, son exposition médiatique, sa carrière de chanteuse, et jusqu'à la liberté revendiquée dans sa vie amoureuse, laissent ouverte la question de la place qu'elle va prendre au Palais de l'Elysée.

«C'est du sérieux», avait dû insister M. Sarkozy en janvier, alors que la presse a souvent dressé un portrait sans concession de sa compagne, faisant la liste de ses conquêtes masculines et la présentant en «prédatrice». Le journal italien La Repubblica (gauche) décrivait ainsi Carla Bruni (qui est italienne) comme «une mine flottante».

«Avec un caractère aussi imprévisible que Carla Bruni, Nicolas Sarkozy court un risque», relève le politologue Philippe Braud. Pour autant, si l'ex-mannequin trouve sa place à l'Elysée, «son élégance, sa culture, sa popularité d'artiste et son sens des relations publiques pourraient jouer un rôle vital dans l'image d'un président moderne», ajoute-t-il. (ats)

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