En France, la grève coûte 600 millions de francs par jour
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En France, la grève coûte 600 millions de francs par jour

La grève dans les transports en France commence à peser sérieusement sur l'économie: les chemins de fer ont notamment perdu plus 165 millions de francs et le fret n'arrive plus à destination.

De plus, les Français boudent magasins, restaurants et spectacles. La ministre de l'économie Christine Lagarde a estimé lundi que le coût de la grève des cheminots, qui protestent contre la réforme des régimes spéciaux de retraite, s'élevait entre «300 et 400 millions d'euros par jour».

Première touchée, la SNCF (chemins de fer) a déjà perdu «plus de 100 millions d'euros», selon sa présidente Anne-Marie Idrac. De son côté, la direction de la RATP (transports en commun en région parisienne) assure que la grève sur les retraites lui coûte 4 millions d'euros par jour.

Le fret souffre

Le fret souffre particulièrement de la grève. Les conséquences sont dramatiques pour nos clients» avec quinze sites industriels proches de «la rupture d'approvisionnement», affirme Oliver Marembaud, directeur général délégué du fret SNCF.

Le leader mondial de l'acier, ArcelorMittal, qui revendique le titre de «premier client de la SNCF», évoque des «wagons perdus, mal orientés, et des délais non respectés».

Le secteur du commerce crie lui aussi à la «catastrophe»: la Fédération nationale de l'habillement évoque une baisse «de 40 à 50%» du chiffre d'affaires. «Du jamais vu depuis mai 68!», s'exclame son président Charles Melcer.

Les grands magasins n'échappent pas à la tendance. La baisse de fréquentation atteint «de 40 à 50%» à Paris, affirme Jacques Perrilliat, président exécutif de l'Union du grand commerce de centre-ville (Printemps, Galeries Lafayette, BHV...). L'impact est plus limité hors de Paris où la grande majorité des transports locaux fonctionnent.

Les hôtels-restaurants de la région parisienne paient eux un lourd tribut à la grève avec une baisse de la fréquentation entre 20 et 40%.

Spectacle morose

La morosité gagne également l'industrie du spectacle. «Environ 5% des concerts et spectacles ont été annulés, occasionnant des pertes importantes pour le producteur et le diffuseur», explique Audrey Marie-Rose-Pécome, responsable juridique du Prodiss, qui représente notamment le Zénith de Paris et l'Olympia. Certains théâtres vont jusqu'à proposer des représentations gratuites pour pallier la «baisse sensible» de la fréquentation, précise-t-elle.

Même les secteurs qui pourraient profiter de la grève font grise mine. Dans les magasins de matériel de sport, Décathlon, on reconnaît à Paris «une forte augmentation sur les ventes de vélos et d'équipements du cycliste» mais qui ne fait que compenser la baisse dans d'autres rayons.

Quant aux taxis, ils n'y trouvent pas forcément leur compte, déplorant l'allongement des délais entre chaque client en raison des embouteillages.

Pour la ministre de l'économie, on peut évaluer à un montant compris «entre 300 et 400 millions d'euros par jour de grève, les perturbations diverses et variées entraînées par les mouvements actuels».

Tout en jugeant ce coût «difficile à chiffrer», la ministre a expliqué que ce calcul de ses services était une extrapolation d'une étude réalisée sur l'impact financier de la grève en région parisienne. (ats)

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