France: en fustigeant la visite de Pelosi à Taïwan, Mélenchon divise la gauche

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FranceEn fustigeant la visite de Pelosi à Taïwan, Mélenchon divise la gauche

Le chef de la France insoumise a qualifié jeudi de «provocation» le voyage à Taïpei de la présidente de la Chambre des représentants américaine. Sa réaction sème la discorde au sein de la Nupes.

Jean-Luc Mélenchon est la cible de critiques au sein de l’alliance de gauche française Nupes pour avoir pris le parti de Pékin après la visite de Nancy Pelosi à Taïwan.

Jean-Luc Mélenchon est la cible de critiques au sein de l’alliance de gauche française Nupes pour avoir pris le parti de Pékin après la visite de Nancy Pelosi à Taïwan.

AFP

En fustigeant le récent voyage officiel des États-Unis à Taïwan, Jean-Luc Mélenchon a suscité une série de critiques à gauche, ouvrant une brèche au sein de la Nouvelle union populaire (Nupes) née à l’occasion des élections législatives.

Le candidat malheureux à la présidentielle française avait qualifié jeudi de «provocation» la visite de la présidente de la Chambre des représentants américaine, Nancy Pelosi, sur l’île, visite qui avait suscité une vive réaction de Pékin. Le leader de La France insoumise (LFI) affirmait par ailleurs qu’il «n’y a qu’une seule Chine» et que «Taïwan est une composante à part entière de la Chine».

«Les Chinois régleront le problème entre eux. Il n’y a pas d’autre issue raisonnable possible», avait enfoncé Jean-Luc Mélenchon, qui accuse les États-Unis de vouloir «ouvrir un nouveau front». Jeudi soir, l’ambassade de Chine en France avait remercié dans un tweet Jean-Luc Mélenchon «pour son soutien constant à la politique d’une seule Chine».

Les Verts dénoncent «une vision assez datée»

Vendredi, sur BFMTV, Julien Bayou, secrétaire national d’Europe Écologie-Les Verts (EELV), parti allié de LFI au sein de la Nupes, a dénoncé «une vision assez datée» et «un vrai cynisme en matière de géopolitique» de la part de Jean-Luc Mélenchon. «Finalement, tout ce qui est hostile aux États-Unis est bien, par principe. Cette vieille idée que les ennemis de mes ennemis sont mes amis… Mais je trouve que c’est absolument daté», a-t-il développé.

«Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, ce serait moins grave quand c’est la Chine que ça peut froisser. Ça, ça n’est pas entendable», a insisté le député de Paris, pour qui «il n’y a pas de leçons qui ont été retenues de la crise, la guerre de la Russie à l’égard de l’Ukraine» de la part du leader Insoumis.

«On a les alliés qu’on mérite»

Toujours au sein de l’alliance de gauche Nupes (LFI, le PS, EELV et PCF), le député et patron du Parti socialiste Olivier Faure a jugé sur Twitter que si «l’opportunité de la visite de Nancy Pelosi à Taïwan est discutable, la volonté des Taïwanais de vivre en démocratie ne l’est pas».

«On a les alliés qu’on mérite», a pour sa part ironisé la députée européenne LREM/Renaissance Nathalie Loiseau, vendredi, dans un tweet, en relayant dans un second les propos qu’elle a jugés «scandaleux» de l’ambassadeur de Chine Lu Shaye dans une interview sur BFMTV, au cours de laquelle il a défendu la «réunification» de Taïwan puis la «rééducation» des Taïwanais.

Nancy Pelosi a «jeté de l’huile sur le feu», pour LFI

Jean-Luc Mélenchon a sans surprise reçu le soutien de ses troupes, dont le député Manuel Bompard qui estime que la visite de Nancy Pelosi à Taïwan a «jeté de l’huile sur le feu» vis-à-vis de la Chine, en faisant valoir que «le droit international aujourd’hui défend le concept qu’on appelle «une seule Chine».

Vendredi, la Chine a annoncé «imposer des sanctions» à Nancy Pelosi, qui s’est «gravement ingérée dans les affaires intérieures de la Chine», ainsi qu’à sa «famille proche», et mettre fin à la coopération avec les États-Unis sur de multiples dossiers.

(AFP)

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