Actualisé 12.08.2008 à 11:00

CaucaseEn Géorgie, «la Russie fait payer l'Occident» pour le Kosovo

La Russie fait payer en Géorgie «la facture» pour la reconnaissance du Kosovo par l'Occident, a observé mardi un responsable chrétien-démocrate allemand alors que plusieurs experts allemands recommandent aux dirigeants européens de ne pas provoquer Moscou.

Selon le coordinateur du gouvernement allemand pour la coopération russo-allemande, Andreas Schockenhoff, c'est «une sorte de facture» qu'adresse le Kremlin à l'Occident mais Moscou n'a pas intérêt à une escalade. A trois jours du sommet de la chancelière Angela Merkel et du président Dmitri Medvedev à Sotchi, M. Schockenhoff rappelle sur la radio Deutschlandradio que «la Russie est dépendante de la coopération avec l'Occident, des marchés, mais aussi d'un partenaire lui permettant d'achever sa modernisation, si elle veut devenir un Etat industriel concurrentiel».La Russie se sent humiliée par la reconnaissance diplomatique du Kosovo et l'élargissement de l'OTAN et veut montrer «qui est maître chez soi», constate aussi l'expert de la Russie à la Société allemande de politique étrangère (DGAP), Alexander Rahr.Il adjure l'UE de ne pas mettre en jeu ses relations avec Moscou par des «accusations fausses» et de bien impliquer la Russie dans ses efforts de paix: «si possible, les médiateurs (européens) ne devraient pas faire monter à bord les Américains, car la position du président Bush polarise trop». Les occidentaux devraient suggérer une confédération: «une Géorgie en trois parties, qui ne serait pas membre de l'OTAN, c'est un compromis que toutes les parties peuvent accepter», suggère-t-il.L'ancien chef de la diplomatie allemande, Hans-Dietrich Genscher, qui a négocié avec les dirigeants soviétiques à l'époque de l'effondrement de l'URSS, estime que l'approche de la présidence française de l'UE et du gouvernement allemand d'agir «avec raison et mesure», et en particulier la détermination d'Angela Merkel de rechercher un dialogue avec le président russe, sont «absolument justifiées».«Ce n'est pas le moment pour des paroles dures et cassantes». Il a aussi salué la réticence des Européens, notamment à Berlin, à soutenir la candidature géorgienne à l'OTAN. «L'Europe a déjà joué là un rôle modérateur», se félicite-t-il. jlv/fc/ai eaf (afp)

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