Actualisé 12.04.2017 à 22:12

Témoignage«En Guyane, produits frais et carburant se font rares»

Entre pénuries et barrages routiers, un Vaudois raconte son quotidien dans la région française en grève totale.

von
rmf
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A cause des problèmes d'approvisionnement, les magasins sont vides et les produits frais font défaut.

A cause des problèmes d'approvisionnement, les magasins sont vides et les produits frais font défaut.

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Nicolas a dû établir un programme précis de ses menus en fonction des produits disponibles.

Nicolas a dû établir un programme précis de ses menus en fonction des produits disponibles.

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Plus rien ne passe à travers les barrages routiers depuis quelques semaines. Le département français d'Amérique du Sud est à l'arrêt.

Plus rien ne passe à travers les barrages routiers depuis quelques semaines. Le département français d'Amérique du Sud est à l'arrêt.

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«La situation est si invraisemblable qu'on a dû aller voir le piquet de grève plusieurs fois pour y croire.» Nicolas est parti vivre en Guyane il y a deux ans, pour travailler au Centre spatial de Kourou. Depuis un mois, les grévistes ont envahi les rues, et le département français d'Outre-mer est à l'arrêt. La vie est devenue compliquée.

«On se sent encore en sécurité tant que les divisions internes ne dégénèrent pas. Mais le carburant est devenu précieux, le pain et les produits frais se font rares. Beurre, crème, farine et lardons sont introuvables. Heureusement qu'on a toujours un bout de gruyère de secours dans le congel!»

Quotidien ralenti

Le Vaudois ne peut plus aller au boulot depuis plusieurs semaines. Il travaillait autour de la fusée Ariane, dont le décollage a dû être annulé fin mars. «Les premiers jours on a continué à bosser depuis la maison, raconte l'ingénieur. Ensuite, faute de matériel, on a dû s'arrêter.»

«On en a profité pour régler plein de choses: amener le chat chez le vétérinaire, repeindre les murs, faire du sport… Comme tout le monde est désœuvré, on organise des apéros. Mais après trois semaines, ça commence à faire long. »

La reprise du travail sera elle aussi compliquée, car le programme des lancements de satellites a été bouleversé. «Tous les plans qui avaient été faits jusqu'à cet été peuvent être mis à la poubelle», poursuit-il, démoralisé. «Le plus pénible, c'est qu'on ne sait pas comment ça va évoluer et quand ça va se terminer.»

Les manifestations se poursuivent dans la région française d'Amérique du Sud. La population réclame plus de moyens pour les infrastructures de santé, la sécurité et l'éducation notamment. Après le déplacement du ministre de l'intérieur, il y a dix jours, la France a annoncé un plan d'aide de 1 milliard d'euros. Insuffisant, pour les grévistes, qui ont mis en place lundi un blocage total. Le même jour, quelques centaines de personnes défilaient à Kourou, réclamant la fin des barrages.

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