Violences – En Haïti, recrudescence des enlèvements par les gangs

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ViolencesEn Haïti, recrudescence des enlèvements par les gangs

Au moins 782 personnes ont été enlevées contre rançon depuis le début de l’année en Haïti, presque autant que sur l’ensemble de 2020 (796 au total).

Située en banlieue est de Port-au-Prince, la commune de Croix-des-Bouquets est contrôlée depuis cet été par le gang connu sous le nom de «400 mawozo»

Située en banlieue est de Port-au-Prince, la commune de Croix-des-Bouquets est contrôlée depuis cet été par le gang connu sous le nom de «400 mawozo»

AFP

Au moins 119 personnes ont été enlevées par des membres de gangs criminels en Haïti durant la première moitié d’octobre, a indiqué mercredi une ONG haïtienne, une importante recrudescence illustrée par l’enlèvement de 17 citoyens nord-américains samedi.

C’est déjà plus que les chiffres de tout le mois de septembre, au cours duquel le Centre d’analyse et de recherches en droits humains (CARDH), basé à Port-au-Prince, avait comptabilisé 117 rapts. «À 90%, les kidnappings sont commis dans la région de la capitale, 70% sur la commune de Port-au-Prince mais nous constatons, pour ce 3e trimestre de l’année, une augmentation des cas sur Croix-des-Bouquets», précise à l’AFP Gédéon Jean, directeur du CARDH.

Située en banlieue est de Port-au-Prince, la commune de Croix-des-Bouquets, qui compte plus de 300’000 habitants, est contrôlée depuis cet été par le gang connu sous le nom de «400 mawozo», qui a enlevé 17 ressortissants étrangers samedi. Les victimes, un groupe de missionnaires et des membres de leurs familles, avaient rendu visite à un orphelinat situé au cœur de la zone sous l’emprise de cette bande armée.

Pays classé en zone rouge

L’organisation Christian Aid Ministries, à laquelle les missionnaires enlevés appartiennent, a indiqué que le groupe comptait «cinq hommes, sept femmes et cinq enfants». L’institution religieuse, basée dans l’État américain de l’Ohio, a précisé mardi que les enfants enlevés étaient âgés de 8 mois, 3, 6, 13 et 15 ans, et que l’âge des adultes était compris entre 18 et 48 ans.

Les ravisseurs exigent une rançon de 17 millions de dollars (15,6 millions de francs) pour leur libération, ont confirmé à l’AFP des sources sécuritaires ayant requis l’anonymat. Haïti est classé comme pays en zone rouge par les États-Unis qui déconseillent à leurs ressortissants de s’y rendre, notamment en raison des nombreux enlèvements dont «les victimes incluent régulièrement des citoyens américains».

Selon le CARDH, au moins 782 personnes ont été enlevées contre rançon depuis le début de l’année en Haïti, presque autant que sur l’ensemble de 2020 (796 au total).

(AFP)

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