Actualisé 28.06.2020 à 00:56

Élections

En Islande, le président Johannesson réélu triomphalement

Gudni Johannesson a été réélu samedi avec plus de 92% des voix en Islande, où le président ne possède qu’un rôle essentiellement protocolaire.

Gudni Johannesson samedi à la sortie du bureau de vote à Gardabaer, au sud-ouest de l’Islande.

Gudni Johannesson samedi à la sortie du bureau de vote à Gardabaer, au sud-ouest de l’Islande.

AFP

Il était ultra-favori: l’Islande a réélu triomphalement samedi pour quatre ans son président sortant Gudni Johannesson, avec plus de 92% des suffrages, selon les résultats définitifs de l’élection présidentielle publiés dimanche.

Lors de ce scrutin au suffrage universel à tour unique, cet ancien professeur d’histoire à l’université a récolté 92,2% des 168’821 voix exprimées, contre 7,8% pour son adversaire de droite populiste, Gudmundur Franklin Jonsson.

Une tendance écrasante qui a été uniforme à Reykjavik et dans toutes les régions d’Islande. La participation ressort elle en baisse à 66,9%, contre 75,7% en 2016 lors de la première élection de Johannesson, et 69,3% en 2012.

Cette victoire démocratique avec un score quasi dictatorial avait été prévue par les sondages, qui créditaient ces dernières semaines le président sortant d’entre 90 et 94% des intentions de vote. C’est le deuxième score le plus élevé à une présidentielle en Islande.

Choix de la continuité

Avec Gudni Johannesson, l’île volcanique de 365’000 habitants a fait le choix de la continuité, douze ans après la faillite spectaculaire de ses banques en 2008, et à l’aube d’une nouvelle crise économique mondiale due au coronavirus.

«Je suis honoré et fier», a déclaré le vainqueur à l’AFP en marge de sa soirée électorale au Grand Hôtel de Reykjavik. «Pour moi, le résultat de cette élection est la preuve que mes concitoyens ont approuvé ma conception de cette charge. Et m’ont donné un mandat pour continuer à exercer mon rôle de la même façon que ces quatre dernières années», a-t-il commenté.

Son adversaire Gudmundur Jonsson a rapidement reconnu sa défaite. «J’envoie mes félicitations à Gudni et sa famille», a-t-il dit, reconnaissant n’avoir jamais vraiment cru faire un score à deux chiffres.

«Choix facile»

Dans le régime parlementaire de l’île nordique, le chef de l’État a un rôle essentiellement protocolaire. Un seul véritable pouvoir lui revient, et il est important: un droit constitutionnel de bloquer la promulgation d’une loi et de la soumettre à référendum.

C’est dans le sillage de la crise financière de 2008 que cette forme de veto présidentiel avait été employée pour la première fois. Le président conservateur Olafur Grimsson avait déclenché deux référendums, en 2010 et 2011, sur un accord d’indemnisation des clients étrangers lésés par la faillite de leur banque, Icesave.

Gudni Johannesson, plus jeune président élu depuis l’indépendance en 1944, a joui d’une forte popularité depuis son arrivée au poste en 2016. «Je crois que ça a été le choix le plus facile de ma vie pour voter. J’avais décidé depuis longtemps» a confié à l’AFP une de ses électrices, Ragnhildur Gunnlaugsdóttir, 47 ans. «Pourquoi changer quand c’est bien», abonde Helga Linnet, une autre électrice de 46 ans.

Contrairement à son prédécesseur Grimsson, qui n’hésitait pas alimenter la controverse partisane, Gudni Johannesson a insisté sur le consensus pendant son bail à la résidence présidentielle de Bessastadir.

Fonction présidentielle plus active

Son unique rival Gudmundur Jonsson peinait lui à fédérer avec son côté polémiste. Dirigeant depuis l’Islande un hôtel au Danemark, cet ex-agent de change à Wall Street de 56 ans s’était engagé en politique en 2010 en créant le parti de droite populiste Haegri graenir.

Dans un pays où le gros des pouvoirs repose sur le gouvernement et l’actuelle Première ministre de gauche écologiste Katrin Jakobsdottir, l’opposant Jonsson voulait rendre la fonction présidentielle plus active, en utilisant par exemple davantage le référendum. Ce qui pour beaucoup serait une entorse à la tradition. «Je n’aime pas vraiment cela parce que le président en Islande a un rôle protocolaire et non pas politique», estime Audunn Gisli Arnason, un des électeurs interrogés par l’AFP en amont du vote.

Première femme présidente

L’Islande se distingue dans l’histoire électorale mondiale pour avoir été le premier pays à élire une femme présidente, en 1980, en la personne de Vigdis Finnbogadottir, en poste de 1980 à 1996. C’est elle qui détient le record de l’élection la plus large, avec 94,6% en 1988.

Après la Serbie dimanche dernier, et avant la Pologne et la France ce dimanche, l’Islande était le deuxième pays à organiser une élection depuis le début des mesures de confinement en Europe.

(AFP/NXP)

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