Actualisé 16.10.2008 à 21:13

NeuchâtelEn manque de soutiens, Bernasconi lâche Xamax

Le président du club de foot a annoncé sa démission. Il justifie sa décision par un manque d'appui des autorités.

de
Nando Luginbuhl

«Le Conseil d'Etat peut venir chez moi aux Geneveys-sur-Coffrane pour discuter. Mais moi, je ne retournerai pas une troisième fois au Château. C'est fini.» Sylvio Bernasconi est fâché et fatigué.

Il a annonçé jeudi sa démission du poste de président du FC Xamax. Avec les autres membres du directoire du club, il remettra son mandat lors de la prochaine assemblée générale, le 17 novembre. Et, sans repreneur immédiat, il assurera l'intérim jusqu'à la fin de la saison.

Dans son viseur, les décisions du grand argentier Jean Studer, soutenu par le Grand Conseil, de facturer aux clubs sportifs des frais de police à l'extérieur des stades lors de manifestations sportives. Sylvio Bernasconi en veut aussi à la Ville, demandant notamment l'abrogation de la taxe sur les spectacles, soit un pourcentage prélevé sur les billets.

«Je suis surprise, explique Françoise Jeanneret, conseillère communale des Sports. Nous renégocions actuellement le bail de Xamax pour le stade, et le président ne nous a jamais demandé formellement d'annuler la taxe sur les spectacles.»

Observateur des démêlés entre les autorités et Xamax, Pierre Dubois, ancien conseiller d'Etat socialiste et fervent supporter, comprend le courroux de Sylvio Bernasconi. «Je ne comprends par contre pas Jean Studer. Avec tout ça, Xamax risque fort de se retrouver en première ligue et Neuchâtel avec un stade inutile.»

Sylvio Bernasconi convoite aussi actuellement la concession pour une chaîne de TV locale, disputée avec l'actuel Canalalpha.

J. Studer: «Quel paradoxe!»

«Pourquoi lâcher une affaire avec un budget annuel de 12 millions de francs pour la somme de 300 000 fr. que nous demandons? Je ne comprends pas. A Bâle et à Saint-Gall, les clubs participent aux frais de sécurité. Finalement Xamax se retrouve menacé à cause de quelques fans agités d’ici et d’ailleurs qui nécessitent des dispositifs de sécurité. Quel paradoxe! Ou alors, les raisons de Sylvio Bernasconi sont ailleurs, mais on ne sait pas où.»

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