Vaud - En manque, le toxicomane braque l’hôpital
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VaudEn manque, le toxicomane braque l’hôpital

Deux jeunes Suisses sont accusés de brigandages. Armé d’une machette, l’un d’eux a emporté de l’argent à la réception de l’hôpital d’Yverdon.

par
Abdoulaye Penda Ndiaye
Etablissements hospitaliers du Nord vaudois (image d’illustration).

Etablissements hospitaliers du Nord vaudois (image d’illustration).

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Dabord les joints, ensuite la coke et les brigandages pour consommer de la drogue... Lucien* et Alessandro*, deux jeunes aujourd'hui âgés de 22 et 23 ans, ont multiplié les délits entre 2018 et 2019. En novembre 2019, ils sont montés à bord d'un taxi. Mais, arrivés à destination, au lieu de payer la course, ils ont menacé le taximan avec un couteau avant de s’emparer de sa bourse contenant 670 francs.

Lundi, au tribunal criminel d'Yverdon-les-Bains siégeant à Renens, le chauffeur de taxi a évoqué le traumatisme subi. Aujourd'hui encore, très marqué par les faits, le quinquagénaire, qui a subi au moins trois autres agressions, évite de travailler la nuit. Les deux jeunes ont exprimé des regrets. Alessandro s'est dit prêt à reverser séance tenante 10’000 francs, reçus de sa grand-mère, pour réparer partiellement le tort moral subi par le taximan.

En décembre 2019, c'est en solo que Lucien a agi. Il s'est présenté à la réception de l'hôpital d'Yverdon-les-Bains (VD) vers 2h40 du matin armé d’une machette et a réclamé de l’argent. Terrorisée, la réceptionniste a posé la somme de 2’470 francs sur le comptoir. Lundi, ce jeune né dans la rue au Burkina Faso et adopté à l'âge de 8 mois par un couple de Suisses, a expliqué le hold-up à l’hôpital par un besoin d’argent afin d’aller retrouver sa maman biologique qu’il ne connaît pas. Pourtant, juste après le brigandage, muni de son butin, le rentier AI a acheté de la coke et a envoyé des messages à ses potes pour les inviter à «la fête du siècle» chez lui. Quand la police est intervenue dans son appartement le jour même des faits, il ne restait plus que 920 francs du butin. Les plaidoiries des avocats et le réquisitoire du procureur auront lieu mardi.

* Prénoms d'emprunt

Absence parentalePour Lucien, l’immense amour de ses parents adoptifs n'a pas suffi à combler l’absence de ses géniteurs, notamment de sa maman burkinabé, dont il a été séparé dès la naissance pour être placé en orphelinat. Sa maman adoptive a expliqué qu’il a subi des comportements racistes dès son enfance en Suisse et qu’il n’a jamais été accepté par la société. Le jeune homme à l’AI est en détention préventive depuis dix-huit mois.
Alessandro est «un jeune rappeur qui a dérapé», selon un témoin de 75 ans qui s’est présenté comme le «pote» du jeune ouvrier. La mère de l’accusé a expliqué les dérapages par l’absence du père alcoolique dont elle s’est séparée. «C'était son Dieu. Il ne s’est pas remis de cette rupture», a-t-elle indiqué. Selon des témoignages unanimes, Alessandro a changé depuis la fin de sa détention préventive. Il a trouvé du travail, a arrêté de consommer de la drogue et veut dédommager ses victimes.

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