Législatives en France: En Marche! n'investit pas Valls mais le laisse peinard

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Législatives en FranceEn Marche! n'investit pas Valls mais le laisse peinard

Le mouvement d'Emmanuel Macron a décidé de ne pas investir Manuel Valls comme candidat pour les élections législatives de juin prochain, mais ne présentera pas de candidats face à lui.

Le mouvement d'Emmanuel Macron a présenté jeudi 428 premières investitures pour les élections législatives des 11 et 18 juin. La moitié sont de femmes, et 52% sont des personnes issues de la société civile.

«Jamais un mouvement politique français doté de 13 mois d'existence n'a porté l'audace d'investir pour devenir députés 52% de nos citoyens qui n'ont pas un CV de professionnel de la politique», a déclaré le secrétaire général du mouvement Richard Ferrand au cours d'une conférence de presse. «La promesse de renouvellement est ainsi tenue», a-t-il dit.

«Nous avons l'objectif de bâtir une majorité de changement et donc d'obtenir pour le groupe parlementaire La République en marche une majorité absolue à l'Assemblée nationale», a déclaré M. Ferrand.

«On ne claque pas la porte»

La candidature de l'ex-Premier ministre socialiste Manuel Valls a quant à elle trouvé une solution de compromis. «Au moment où nous rassemblons, nous estimons qu'on ne claque pas la porte au nez à un ancien Premier ministre» qui souhaite rallier la majorité présidentielle, a dit M. Ferrand.

M. Valls ne répond pas aux critères d'investiture, car «il a déjà fait trois mandats parlementaires». Il n'était pas question de «passe-droit», mais pas question non plus de «donner l'impression d'humilier»: «à ce stade nous n'investissons pas l'intéressé, mais nous ne lui opposons pas de candidat», dans son fief de l'Essonne (au sud de Paris), a-t-il déclaré.

«Parité réelle»

Les 428 candidatures sélectionnées à partir de «19'000 dossiers» reçus au terme d'un «travail de titan» comptent «52% de candidates et candidats issus de la société civile au sens qu'ils n'ont jamais exercé de mandat électif», a indiqué M. Ferrand.

Il a aussi fait état d'une «parité réelle» avec 214 candidats femmes et 214 hommes. Selon lui, 93% des candidats travaillent, 2% sont en recherche d'emploi, 4% sont retraités et 1% étudiants. Le plus jeune a 22 ans, la plus âgée 72 ans, a-t-il précisé.

Parmi ces candidats figure le référent territorial du mouvement «En Marche!» (désormais La République en Marche) en Suisse, Joachim Son-Forget. Il se présente pour la circonscription des Français de Suisse et du Liechtenstein. Agé de 34 ans, ce Français d'origine sud-coréenne, médecin radiologue au CHUV, habite actuellement à Genève.

«Laisser un espace»

Toutes les investitures n'ont pas été faites, car «il faut laisser un espace à la recomposition en cours du paysage politique français», a dit M. Ferrand. Selon lui, les candidatures retenues représentent «l'ensemble du spectre politique», ce qui exprime «la recomposition voulue par le président».

La République en marche n'a d'ailleurs pas, pour l'instant, présenté de candidat contre les LR Bruno Le Maire, Thierry Solère, Gilles Boyer ou Franck Riester, ce qui laisse la porte ouverte à d'éventuels ralliements dans les prochains jours. Richard Ferrand a dit que les derniers candidats seraient investis d'ici à mercredi. (20 minutes/afp)

Mélenchon «légitime partout»

Mélenchon «légitime partout»

Jean-Luc Mélenchon a pour sa part déclaré jeudi à Marseille qu'il était «légitime partout» et qu'il ne voulait pas «affaiblir le PS» mais «le remplacer». Il réagissait face à la polémique soulevée par sa candidature aux élections législatives dans cette ville, qui a été perçue comme une déclaration de guerre par le député socialiste sortant Patrick Mennucci.

«Je suis légitime partout d'une façon générale, mais spécialement ici», a dit le leader de La France insoumise à des journalistes. «Il ne faut quand même pas oublier que la première fois que j'ai mis le pied sur la terre de France, c'était ici», a ajouté l'ancien sénateur de l'Essonne. Né à Tanger en 1951, Jean-Luc Mélenchon a quitté le Maroc en 1962 pour rejoindre la France.

La candidate de Lutte ouvrière à la présidentielle Nathalie Arthaud, ainsi que 552 autres candidats de la formation trotskyste ont été investis pour se présenter aux législatives. François Asselineau, candidat souverainiste qui avait obtenu moins de 1% des voix à l'élection présidentielle, a lui annoncé qu'il se présentera à Seine-Saint-Denis.

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