Succession Maillard: En plein divorce, la gauche radicale va aux élections

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Succession MaillardEn plein divorce, la gauche radicale va aux élections

Ensemble à Gauche a présenté son candidat pour la succession de Pierre-Yves Maillard au Conseil d'Etat. Sans le POP, qui dénonce une mise à l'écart.

par
Yannick Weber
L'avocat Jean-Michel Dolivo a déjà été candidat au gouvernement vaudois.

L'avocat Jean-Michel Dolivo a déjà été candidat au gouvernement vaudois.

Keystone/Jean-Christophe Bott

Ils promeuvent la cohésion sociale mais peinent à assurer celle de leur groupe: Ensemble à Gauche a présenté jeudi matin la candidature de Jean-Michel Dolivo à la succession de Pierre-Yves Maillard au Conseil d'Etat. Le tout sur fond de tensions internes, un des membres de la coalition de gauche radicale manquant à l'appel. «Nous n'avons pas été mis au courant de cette annonce, même la presse l'a su avant nous. Ils ont usurpé le nom Ensemble à Gauche en se présentant sans le POP, alors que nous sommes membres depuis la création de la coalition», déclare Anaïs Timofte, vice-présidente du POP vaudois.

Problèmes d'agenda

Le point de vue est différent du côté des trois partis qui, désormais, sont regroupés sous le nouveau Ensemble à Gauche (SolidaritéS, Décroissance-Alternatives et Solidarité & Ecologie), qui a désormais le statut d'association. «Nous avons proposé plusieurs rencontres au POP, qu'ils ont repoussées ou annulées. Ensuite, ça a été la politique de la chaise vide», note Yvan Luccarini, député au Grand Conseil, justifiant ainsi le lancement de la candidature sans le POP.

Dans l'autre camp, on explique que les réunions n'ont pu se tenir pour des questions d'agendas: «Nous voulions consulter notre base avant les discussions. Nos membres sont surtout des travailleurs, nous ne pouvons pas nous rassembler toutes les deux semaines, comme le fait par exemple SolidaritéS, composé plutôt d'étudiants. Nous ne pouvions pas tenir l'agenda imposé par Ensemble à Gauche», explique Anaïs Timofte.

Chacun de son côté

Le candidat Jean-Michel Dolivo a laissé la porte ouverte à un nouveau rapprochement lors de la conférence de presse: «Nous souhaitons qu'ils nous rejoignent. Ils ont toute leur place dans la coalition, et nos statuts le permettent.» «Merci pour l'œcuménisme à la catholique», a alors lancé ironiquement un militant fâché du POP depuis le fond de la salle.

«Tout ça pose un sérieux souci, ajoute Anaïs Timofte. Nos députés au Grand Conseil siègent sous les couleurs d'Ensemble à Gauche et portent son nom, sans plus en faire partie.» Le parti des travailleurs réunira ses membres jeudi soir pour décider des suites à donner. La présentation de sa propre candidature, «plus jeune et féminine», est une possibilité. Le POP a déjà décidé, pour les élections fédérales de 2019, de se présenter seul, avec un sous-apparentement aux listes d'Ensemble à Gauche.

Une candidature «de lutte»

Jean-Michel Dolivo a lancé sa candidature avec un programme ambitieux. Transports publics gratuits, salaire minimum à 4'500 fr. net, grève des femmes et opposition aux renvois forcés ont été ses quatre premières propositions. «C'est une alternative à la politique néo-libérale, saupoudrée de quelques mesures sociales avec le label frelaté du développement durable, incarnée par le couple Brouillard-Malice», a déclaré Jean-Michel Dolivo.

Candidature socialiste attendue

Le Parti socialiste vaudois a annoncé son calendrier électoral. Pour l'élection complémentaire au Conseil d'Etat, les candidatures sont ouvertes depuis mercredi. Un congrès de nomination aura lieu le 19 janvier. Jeudi, le député au Grand Conseil Stéphane Montangero, pressenti pour se porter candidat, a transmis une note aux médias dans laquelle il dit y renoncer. «La meilleure candidature est celle de ma camarade Rebecca Ruiz. Je l'appelle à se porter candidate», a-t-il expliqué. Un candidature qui devrait vraisemblablement être annoncée vendredi: Rebecca Ruiz a convoqué les médias à une conférence de presse.

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