Zurich: En prison pour avoir fait chanter une stagiaire

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ZurichEn prison pour avoir fait chanter une stagiaire

Un trentenaire zurichois n'a pas digéré sa séparation d'avec une étudiante de 24 ans. Il menaçait de publier des images de leurs ébats si elle se refusait à lui.

par
dmz

Un homme de 37 ans, qui entretenait une relation de couple stable depuis 12 ans, a vu lundi sa vie basculer, relate la «Neue Zürcher Zeitung». L'homme a été condamné à une peine de trois ans de prison, dont deux avec sursis, pour ne pas avoir réussi à accepter la fin d'une relation avec une jeune femme de 24 ans.

Tout a commencé à l'été 2012, ce Zurichois débute une histoire avec cette étudiante, qui avait été engagée comme stagiaire dans son entreprise. Leur amourette dure plusieurs semaines, jusqu'à ce que la jeunette termine son mandat. Elle lui annonce qu'elle partira en voyage pendant plusieurs mois et qu'à son retour, elle ne souhaite plus le revoir.

Cœur brisé

A peine partie, la jeune femme reçoit nombre de messages, dans lesquels le trentenaire lui avoue son amour. Une fois rentrée en Suisse, elle subit encore les assauts de son ex-amant, qu'elle accepte de revoir, à condition qu'il efface les photos et vidéos prises pendant leurs ébats. L'homme accepte, à condition qu'elle lui accorde un dernier moment d'intimité. Selon l'acte d'accusation, l'étudiante l'aurait alors satisfait manuellement.

Mais l'histoire, qui aurait pu s'arrêter là, dérape. Le Zurichois bombarde son ex de messages, prouvant qu'il n'a rien effacé du tout. Pire, il menace de tout diffuser sur internet, si la demoiselle ne lui offre pas son corps. A plusieurs reprises, le «couple» se voit et fait l'amour, deux fois. Pour garder la mainmise sur sa victime, l'homme détruisait devant elle les images. Puis revenait à la charge, prétextant qu'il en avait encore. Lasse, l'étudiante prévient alors la police.

Pression psychologique

Les procureurs ont requis 4 ans et demi de prison pour viols et contraintes sexuelles. Lors de l'audience, le prévenu a confirmé les relations sexuelles, mais prétend qu'à chaque fois, la victime était consentante et que «cela faisait partie du deal». Et s'il n'a pas effacé les images, c'est qu'il était «accro» à elle. Il a par ailleurs jugé que jamais il n'a eu l'intention de les diffuser. Il avait agi par tristesse et par dépit.

La défense a alors plaidé l'acquittement ou , au pire, une peine de 18 mois de prison avec sursis. Elle a argué que la femme n'a pas été mise sous pression de manière pénalement répréhensible et qu'on aurait pu s'attendre à plus de résistance de la part d'une femme adulte et instruite.

Le Tribunal ne l'a pas entendu de cette oreille. Il a estimé que l'accusé avait entraîné sa victime dans un jeu de pouvoir malsain. Et qu'une résistance de l'ex-stagiaire n'aurait pas été raisonnable étant donné les risques de voir des images d'elle diffusées sur la Toile. Elle recevra 12'000 francs de dédommagements.

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