En prison pour avoir fait des enfants à sa soeur
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En prison pour avoir fait des enfants à sa soeur

La cour constitutionnelle allemande a renvoyé jeudi en prison pour inceste un frère qui a eu quatre enfants de sa soeur, un couple amoureux qui refuse de se plier à la loi.

En confirmant que l'inceste constituait une infraction pénale, la cour a anéanti tout espoir pour Patrick Stübing, 31 ans et sa soeur Susan, de huit ans sa cadette, de sortir d'une spirale infernale de condamnations et de pouvoir un jour revivre ensemble.

«Nous considérons qu'il est totalement démesuré d'envoyer quelqu'un en prison parce qu'il a des rapports consentis avec sa soeur», a déclaré leur avocat Endrik Wilhelm.

Dans d'autres pays européens comme la France, l'Espagne, le Portugal ou les Pays-Bas, l'inceste entre personnes consentantes ayant atteint la majorité sexuelle a été décriminalisée.

Mais la cour allemande a décidé que le législateur avait le droit de préserver la famille «contre les effets néfastes de l'inceste».

Les juges ont notamment pris en compte les risques élevés de malformations sur les enfants issus d'une relation incestueuses entre frère et soeur.

Le couple de Leipzig (est de l'Allemagne), issu d'une famille à problèmes, a eu quatre enfants en Saxe dont deux sont handicapés. Ils n'ont conservé la garde d'aucun d'entre eux.

Déjà condamné à trois reprises, Patrick Stübing, devra donc retourner en prison. Mentalement attardée, Susan Karolewski, y a jusqu'à présent échappé. Le droit pénal allemand prévoit une peine maximale de deux ans d'emprisonnement pour des relations sexuelles entre frère et soeur.

Soutenant l'avocat de Patrick Stübing, le vice-président de la cour, Winfried Hassemer a voté contre la décision des sept autres juges, estimant que la législation ne faisait que répondre aux idées morales de la société, où l'inceste reste un tabou.

Il fait valoir que le droit pénal allemand, qui condamne seulement la pénétration sexuelle entre frère et soeur, ne sanctionne pas les autres pratiques sexuelles, ni les relations sexuelles entre frère et soeur adoptifs ou entre deux frères ou deux soeurs.

D'autres experts voient dans la loi actuelle des arguments eugéniques. D'autant que la législation en vigueur sur l'inceste remonte aux lois sur l'hygiène raciale de l'Allemagne nazie.

Me Wilhelm a également fait observer que seul l'acte sexuel incestueux est passible de poursuites pénales et non pas la procréation par relations incestueuses. Une fécondation in vitro d'un ovule d'une femme avec le sperme de son frère est donc légalement possible. D'autres soulignent aussi que la loi allemande ne poursuit pas pénalement les personnes atteintes de maladies génétiques qui prennent le risque de mettre au monde des enfants handicapés.

L'histoire de Patrick et Susan, qui ont grandi séparés, est celle d'une relation amoureuse tragique très médiatisée. Enfant, Patrick est placé par les services sociaux dans un foyer pour échapper à son père alcoolique et violent puis chez des parents adoptifs près de Potsdam. Il suit un apprentissage de serrurier mais échoue à l'examen théorique.

A la recherche de ses racines, il retrouve sa mère pour la première fois depuis plus de 20 ans à Leipzig en 2000.

C'est là qu'il rencontre par la même occasion sa soeur alors âgée de 16 ans et qu'il apprend que ses trois autres frères et soeurs sont décédés.

Leur relation change à la mort de leur mère en décembre 2000.

«Notre liaison est devenue plus forte parce que nous étions les seuls enfants qui restaient en vie», a-t-il expliqué à l'hebdomadaire Der Spiegel.

Leur relation n'avait réveillé aucun soupçon jusqu'à la première grossesse de Susan, en 2001.

AFP

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