Actualisé 05.07.2020 à 17:15

Granges (SO)

En quarantaine, le patron d’un bar va bosser quand même

Samedi soir, un contrôle a montré qu’une personne se trouvait dans un établissement public, faisant fi de la mise à l’écart qui lui avait été imposée. Elle risque des poursuites judiciaires.

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Le bar Baracoa à Granges (SO) a été fermé temporairement.

Le bar Baracoa à Granges (SO) a été fermé temporairement.

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Le patron avait été mis en quarantaine, mais il a préféré aller bosser samedi soir.

Le patron avait été mis en quarantaine, mais il a préféré aller bosser samedi soir.

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Le bar sera fermé jusqu’à mercredi, peut-on lire sur la porte de l’établissement.

Le bar sera fermé jusqu’à mercredi, peut-on lire sur la porte de l’établissement.

Les mesures d’isolement prononcées jeudi par le Médecin cantonal soleurois n’ont pas eu l’effet escompté: une des 280 personnes visées s’est tout de même rendue dans un bar de Granges ce week-end. Les autorités ont donc décidé de fermer temporairement cet établissement. Il devrait rouvrir mardi prochain, a indiqué Thomas Jud, du Département de la communication du canton de Soleure.

L’affaire est liée aux événements du week-end dernier. Une personne testée positive au coronavirus n'avait pas respecté les mesures d'isolement et avait pris part à deux rassemblements à Granges (voir encadré). Suite à cela, le Médecin cantonal avait dû ordonner jeudi la mise en quarantaine d'environ 280 personnes.

Samedi soir, la police a reçu une information anonyme affirmant que les mesures décrétées par les autorités n’étaient pas respectés. Des employés de l'Office de l'économie et du travail, en collaboration avec la police cantonale de Soleure, ont donc inspecté le bar Baracoa. Et les contrôles ont permis de découvrir que le patron du bar était présent sur les lieux et ne respectait pas la mesure de quarantaine qui lui avait été imposée, a précisé dimanche la Chancellerie d'Etat soleureoise. Il faisait l’objet d’une mesure d’isolement car il avait participé à l'un des deux précédents événements.

Difficile à prouver

Le canton envisage une action en justice contre le potentiel super-propagateur qui s’est rendu à une fête en étant positif. En cas de procès, cela peut coûter cher. Si la contamination est considérée comme lésion corporelle et qu’une personne infectée porte plainte, la peine peut aller jusqu’à 3 ans de prison. Il reste peu probable que le fêtard soit puni pour cela, étant donné la difficulté à prouver que la personne a été contaminée par lui. Mais il encourt une amende de 10’000 fr. pour non-respect des mesures d’isolement.

L’homme a de nouveau été mis en quarantaine obligatoire et les autorités envisagent d’intenter une action en justice. Les violations des mesures de quarantaine et d'isolement peuvent être sanctionnées pénalement par des amendes.

«Je n’aurais pas dû être là»

Le patron du Baracoa a confirmé sur Facebook qu’il était dans son bar samedi soir. «Mais je n’ai pas servi ni côtoyé de clients, je m’occupais juste de faire la caisse», a-t-il affirmé, indiquant s’y être rendu très tard dans la soirée. «Je n'aurais pas dû être là», a-t-il concédé.

(ATS/20min)

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