France – En quête de parrainages, Zemmour dénonce un «déni de démocratie» 
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Présidentielle française En quête de parrainages, Zemmour dénonce un «déni de démocratie»

Bien placé dans les sondages, Eric Zemmour dit rencontrer des difficultés à obtenir les 500 parrainages d’élus exigés pour se présenter à l’élection présidentielle française.

Eric Zemmour déplore les difficultés pour réunir les soutiens d’élus nécessaires à sa candidature à la présidentielle française. 

Eric Zemmour déplore les difficultés pour réunir les soutiens d’élus nécessaires à sa candidature à la présidentielle française.

REUTERS

Novice en politique et placé à 12% dans deux sondages parus vendredi, Eric Zemmour a assuré jeudi au micro de la radio Europe 1 disposer de quelque «300 promesses» de parrainages, alors que la récolte officielle démarre fin janvier, jusqu’au 4 mars. «C’est à la fois beaucoup parce qu’on n’a pas d’élus, mais en même temps, ce n’est rien, car tout le monde nous dit qu’il en faut 600 voire 700, parce que les gens se rétractent au dernier moment», souligne-t-il, en mentionnant les difficultés d’autres candidats, comme son adversaire d’extrême droite Marine Le Pen ou celui de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon.

«La France des oubliés»

Les déplacements du candidat sont désormais calibrés pour recueillir les précieux sésames. «Cela vise avant tout à s’adresser à la France dite des oubliés, périphérique et rurale, mais oui, il y a aussi cet objectif de rencontres et de déjeuners avec des élus», a ainsi expliqué Dénis Cieslik, responsable des parrainages de la campagne d’Eric Zemmour.

Le candidat d’extrême droite était en campagne vendredi dans un département rural du centre de la France, l’Eure-et-Loir. Au milieu des «Zemmour président» et des drapeaux français, il y a loué «le potentiel productif et créatif» de la campagne française «face à des élites parisiennes qui ne vous comprennent pas.»

«La vérité sur l’immigration»

«Je ne suis pas raciste ni facho», souligne Vincent Lhopiteau maire d’un village de 300 habitants dans «L’Écho Républicain», un quotidien régional français. S’apprêtant à recevoir Eric Zemmour à qui il a promis un parrainage, l’élu a ensuite ajouté, «je ne suis pas d’extrême droite et lui non plus ! Il est antisystème et dit beaucoup de vérités, notamment sur l’immigration. Ça m’embêterait qu’il ne soit pas candidat à la présidentielle. Tout le monde a le droit de s’exprimer.» Mais certains maires ne veulent pas être associés à l’image sulfureuse du candidat, condamné à deux reprises pour provocation à la haine raciale.

Cap à droite

L’entourage d’Eric Zemmour explique disposer d’un «algorithme» pour «prioriser» les élus à démarcher. Cela «croise la taille des villes, les parrainages en 2017, le territoire. Typiquement, on vise des villes de moins de 1000 habitants qui avaient donné leur parrainage à Nicolas Dupont-Aignan, Marine Le Pen et François Fillon», indique-t-il évoquant les principaux candidats les plus à droite de l’échiquier politique français lors de la précédente présidentielle.

Pression sur les élus

Comme sa rivale à l’extrême droite Marine Le Pen, Eric Zemmour proteste régulièrement contre la loi de 2016 qui a instauré la publication des noms des parrains, un «scandale démocratique inique», aboutissant à des «pressions» sur les élus, selon lui. Il assure ne «pas surjouer la situation» et que «personne ne l’aide», alors que les rumeurs vont bon train sur la tentation du premier parti de la droite française Les Républicains (LR) de laisser des élus de droite le parrainer, sans les sanctionner, afin de diviser l’extrême droite. À la direction du parti LR, on dément tout message en ce sens. «La question ne se pose pas pour l’instant. Tous les élus LR font corps autour de notre candidate», balaye une responsable.

Valoriser le «tourisme de proximité»

La candidate du Rassemblement national à la présidentielle Marine Le Pen a souhaité samedi à Trèbes valoriser le «tourisme de proximité» à l’ombre d’une crise sanitaire qui a conduit davantage de Français à prendre des vacances près de chez eux.

«Au bénéfice de la crise sanitaire, où on a vu baisser le nombre de touristes étrangers, il faut se servir de ce moment pénible pour en faire une opportunité (…) et développer le tourisme des Français en France», a déclaré Marine Le Pen lors d’une conférence de presse organisée sur un domaine viticole et oléicole, où elle a présenté ses propositions avant d’échanger avec des professionnels du secteur.

«Même si nous ne devons pas délaisser la clientèle éloignée, nous nous acheminons vers une consolidation du localisme touristique», a ajouté la candidate, en accusant le «pouvoir macroniste d’inspiration libérale» de faire «la promotion pour la destination “France”» et de laisser «la main invisible du marché organiser le reste», une «démarche suicidaire» à ses yeux.

(AFP)

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