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Travail En Suède, fais du sport au boulot ou prends la porte!

Pour le bien-être des salariés, mais aussi de leur firme, des patrons ont rendu des activités physiques obligatoires.

par
reg/afp
Chez l'entreprise Björn Borg, personne ne manque lheure de yoga.

Chez l'entreprise Björn Borg, personne ne manque lheure de yoga.

AFP

Impossible d'y couper: l'heure d'entraînement hebdomadaire est obligatoire dans plusieurs sociétés suédoises. «Si on ne veut pas faire de sport et être intégré à la culture de l'entreprise, on s'en va», assène sans sourciller Henrik Bunge, patron de la marque de vêtements Björn Borg, créée par l'ancien champion de tennis suédois. Mais qu'on se rassure, personne n'a claqué la porte à cause de cette mesure.

Cette heure de sport obligatoire rapproche les différents services et aplanit les relations hiérarchiques. «Quand on entre dans cette salle, on est tous au même niveau. Ta place dans l'entreprise n'a aucune importance, tout le monde entre comme l'égal de l'autre», se réjouit une employée.

L'entreprise y trouve également son compte. Depuis que cette démarche a été lancée il y a deux ans, tous les chiffres du groupe sont en hausse, se félicite le dirigeant. Une étude de l'Université de Stockholm confirme que transpirer pendant sa journée de travail présente des avantages, non seulement pour le collaborateur – en meilleure forme et plus concentré – mais aussi pour l'employeur, avec un recul de 22% de l'absentéisme.

Mais «la Suède est vraiment extrême en ce qui concerne les entreprises qui rendent le sport obligatoire au travail», relève le chercheur Carl Ceder­ström. Selon lui, cela peut même avoir des effets pervers: «Si l'on pense que l'on est une meilleure personne en faisant du sport, on peut arriver à la conclusion que ceux qui ne vivent pas très sainement, qui sont en sur­poids ou qui fument sont de moins bonnes personnes.»

Aucune contrainte en Suisse, mais beaucoup d'initiatives

Il n'existe aucune obligation de ce type en Suisse. Mais de nombreuses entreprises prennent des initiatives. «Une petite société a décidé de remplacer une réunion par mois par une heure de marche. C'est aussi excellent pour le teambuilding», illustre Olivier Girard, président de citizenat­work.ch. «La société Ethicon a par exemple mis sur pied un programme de relaxation au travail. D'autres installent des bureaux assis-debout, qui permettent de varier les positions derrière un ordinateur. Et dans l'industrie, des tournus peuvent être organisés afin d'alterner les postures et le type d'efforts.»

Plusieurs grandes entreprises possèdent des fitness, offrent des cours de yoga ou subventionnent des abonnements à des clubs sportifs. Chez Procter & Gamble, à Genève, des cours sont offerts toute la semaine dans la salle de fitness de l'entreprise. Le groupe permet également à ses employés de pratiquer du football, du volley-ball, du tennis ou de la natation dans des clubs de la région. «Le sport contribue au bien-être de l'employé, commente la porte-parole Carine Shili. En étant plus heureux, le collaborateur est également plus productif. C'est donc du gagnant-gagnant.»

Mais toutes les initiatives ne sont pas toujours couronnées de succès. La ville de Lausanne avait fait office de pionnière en proposant un échauffement de 15 minutes sur le temps de travail pour ses employés du service de la voirie dont les tâches sont particulièrement physiques. Mais passé l'engouement initial, ce projet a pris fin, faute de salariés motivés. Toutefois, le service propose des formations pour ses conducteurs de véhicules brosses ou de laveuses, qui restent assis une bonne partie de la journée. Ils peuvent ainsi faire des étirements et quelques mouvements de relaxation lorsqu'ils font le plein de leur véhicule.

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