Santé - En Suisse, 96 myocardites liées au vaccin anti-Covid
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SantéEn Suisse, 96 myocardites liées au vaccin anti-Covid

L’inflammation du cœur causée par le vaccin touche surtout les jeunes garçons. Mais les chiffres et des experts rassurent.

par
Jérôme Faas
La myocardite, parfois appelée rhume du cœur, est une inflammation souvent bénigne du muscle cardiaque. 

La myocardite, parfois appelée rhume du cœur, est une inflammation souvent bénigne du muscle cardiaque.

Getty Images/iStockphoto

Du 1er janvier au 10 août, Swissmedic a reçu 96 déclarations de cas de myocardite (inflammation du muscle du cœur) ou de péricardite (de son enveloppe) en lien avec la vaccination contre le Covid-19. Ces cas surviennent le plus souvent après la deuxième dose chez des hommes de moins de 30 ans. La mise à jour de cet effet secondaire des vaccins à ARN messager (Pfizer et Moderna) n’est pas une surprise: les Etats-Unis l’avaient observé en juin. La nouvelle n’est en soi pas si terrible. Cette maladie est le plus souvent bénigne. Surtout, son incidence liée au vaccin (96 cas sur 9,2 millions de doses) est vingt fois moindre que celle, ordinaire, due à d’autres causes: 22 cas pour 100’000 personnes par an.

Alessandro Diana, pédiatre et membre de la plateforme d’information Infovac, confirme l’incidence accrue de la myocardite chez les jeunes garçons (dix fois supérieure à celle des filles). Dès lors, un adolescent mâle a-t-il intérêt à se faire vacciner? «Sans virus, je dirais non. Mais il faut intégrer les dégâts du variant Delta, auquel personne n’échappera. Or, ses effets secondaires sont bien pires que la myocardite: essoufflement dû au Covid long, système nerveux central touché et troubles de la concentration, défaillances multisystémiques du cœur, des reins et du foie. Le calcul risques-bénéfices est très favorable au vaccin, sorte de ceinture de sécurité: l’ignorer n’est pas une condamnation à mort. Mais en cas d’accident, elle réduit les risques de dégâts. Il s’agit donc de savoir si on veut affronter le variant Delta avec ou sans ceinture.»

Une maladie «bénigne chez les jeunes»

Aux HUG, les cas de myocardite ou de péricardite sont si rares que leur analyse n’apporte rien, juge Frédérique Jacquerioz, du Service de médecine de premier recours. «Mais tous ont très bien évolué.» Aux USA, plus représentatifs, «il s’agissait de cas bénins» qui, eux aussi, «ont bien évolué». Elle parle de lien temporel, mais pas forcément causal, avec le vaccin, et indique que «le message est: ça peut arriver. En cas de symptômes, il faut juste consulter. Se faire vacciner reste bénéfique. Chez les jeunes, en général, la myocardite est bénigne.» Un constat qui faire dire à Aglaé Tardin, médecin cantonale de Genève, que même pour un adolescent, «le ratio risques-bénéfices est évident en faveur du vaccin: la myocardite est infiniment rare. Et les bénéfices secondaires du vaccin sont immenses pour les jeunes: ils peuvent maintenir leur vie sociale, se former et faire du sport plus facilement, éviter les quarantaines, etc.»

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