Actualisé 13.03.2013 à 20:27

Ski alpin«En Suisse, les sportifs manquent de soutien»

Dans le cadre des finales de Lenzerheide, Dominique Gisin a poussé un coup de gueule contre le statut du sport dans le pays.

de
Jean-Philippe Pressl-Wenger, Lenzerheide
Devant la presse, la spécialiste de vitesse avait manifestement des choses à dire.

Devant la presse, la spécialiste de vitesse avait manifestement des choses à dire.

A 27 ans, l'Obwaldienne est devenue une référence dans l'équipe de Suisse. Sur ses lattes, mais aussi au-delà du ski. Elle cultive de nombreuses autres passions et s'est forgé des avis sur le monde de la compétition, qu'elle connaît par coeur. Son constat est plutôt amer.

«Le refus essuyé par la candidature des JO 2022 dans les Grisons est symptomatique du manque de soutien de la population pour le sport, a regretté Gisin. D'une part, personne ne veut investir davantage d'argent dans les infrastructures ou dans la formation; d'autre part, on s'attend à ce que nos sportifs gagnent tout. Particulièrement en ski alpin, a-t-elle ajouté, un brin revendicatrice. Il y a là un paradoxe que je ne comprends pas.»

Tout n'est toutefois pas à jeter. La descendeuse a reconnu que les ambassadeurs helvétiques parmi les professionnels de l'effort physique continuaient à faire bonne figure. «La Suisse est un petit pays, a-t-elle rappelé. Mais des athlètes comme Dario Cologna ou Roger Federer restent des phénomènes. On a vraiment de la chance de pouvoir compter sur eux», s'est finalement enthousiasmée Gisin.

Sa dernière pique a été adressée, une fois n'est pas coutume, aux médias. «Parfois, ils sont extrêmement durs avec nous. Regardez le cas de Patrick Küng, par exemple. Il revient de blessure et se qualifie pour les finales. Pour une saison de reprise, c'est plutôt bon, mais on lui tape sur la tête.»

Lara Gut fait dans l'humour

Tout le monde connaît le caractère bien trempé de la Tessinoise. On est moins accoutumé à son humour grinçant. Dans le cadre d'une conférence de presse, Lara Gut a évoqué l'avenir de sa cellule d'entraînement privée en vue de la saison prochaine: «Le staff au complet a été confirmé. Chez moi, tout est OK», a-t-elle lancé avec un sourire. Toute référence aux problèmes de Swiss-Ski pour compléter, ou remplacer, son staff d'entraîneurs n'est évidemment pas fortuite.

Aucune descente, mais deux gagnants

Mercredi, le brouillard a contraint les organisateurs à annuler les deux descentes. La grisaille grisonne a aussi contrasté avec le soleil de la Floride. C’est depuis la chaleur des Etats-Unis que Lindsey Vonn a commenté le gain de son 6e globe de descente consécutif, un record. «Je gagne avec un genou en vrac, la roue finit toujours par tourner dans la vie», s’est-elle réjouie sur Twitter. Gravement touchée au genou droit lors du super-G des Mondiaux, il y a un mois, Vonn se retape actuellement sur le yacht de son ami Tiger Woods. Chez les messieurs, c’est le Norvégien Aksel Svindal qui a profité des caprices de la météo.

Aksel Lund Svindal: «La bonne décision»

«Le jury a pris la bonne décision en annulant la course. Les conditions étaient mauvaises avec ce brouillard. J’aurais aimé me mesurer une fois encore à cette superbe piste. C’est la vie. Mes sentiments sont mitigés. Je suis évidemment content d’avoir décroché mon premier globe en descente. Mais je suis déçu d’avoir perdu une chance de marquer beaucoup de points dans la course au classement général. Marcel Hirscher mérite de le gagner pour la deuxième année de suite. Il a réussi une saison extraordinaire. Je suis aussi satisfait de mon hiver, avec ma médaille d’or en descente aux Mondiaux

et les globes de descente et de super-G.»

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!