Saint-Gall: «En Syrie, on est traités comme des animaux»
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Saint-Gall«En Syrie, on est traités comme des animaux»

Mardi, 31 migrants sont arrivés à Buchs (SG) depuis l'Autriche. Trois Syriens expliquent pourquoi ils ont fui leur pays et quels sont leurs plans.

par
mlü/jbu/ofu
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Douze gardes-frontière ont été mobilisés mardi 15 septembre 2015 à la gare de Buchs pour accueillir les migrants.

Douze gardes-frontière ont été mobilisés mardi 15 septembre 2015 à la gare de Buchs pour accueillir les migrants.

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Au total, 31 réfugiés ont débarqué mardi dans la localité saint-galloise.

Au total, 31 réfugiés ont débarqué mardi dans la localité saint-galloise.

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Les personnes sont emmenées dans un local situé non loin de la gare. Les agents prennent leurs empreintes digitales avant de les laisser repartir.

Les personnes sont emmenées dans un local situé non loin de la gare. Les agents prennent leurs empreintes digitales avant de les laisser repartir.

mlü

Douze gardes-frontière et deux policiers étaient mobilisés mardi à la gare de Buchs, dans le canton de Saint-Gall. Leur mission: prendre en charge les migrants qui arrivent en train depuis l'Autriche. Comme ces derniers jours, l'afflux de réfugiés n'a pas été aussi important qu'en Autriche, en Allemagne ou en Hongrie. Au total, seuls 31 migrants ont débarqué mardi dans la localité alémanique.

Parmi eux, trois Syriens ont accepté de parler à nos collègues de «20 Minuten». Naji, 20 ans, Ayman, 20 ans, et Ahmad, 25 ans, disent qu'ils viennent de Syrie et qu'ils ont perdu leur passeport au cours de leur périple.

«J'avais les larmes aux yeux»

Naji raconte que ses parents ont été abattus par balle: «Dans notre pays, on traite les gens comme des animaux. Je n'avais pas d'autre choix que de m'enfuir», explique-t-il dans un anglais basique. Pour lui, ainsi que pour ses amis, la Suisse n'est qu'une étape de leur voyage. Naji voudrait se rendre en France, plus précisément à Marseille, pour y rejoindre sa soeur. Les frères Ayman et Ahmad comptent aller à Paris pour y demander l'asile.

Les trois jeunes hommes ont déjà parcouru de nombreux kilomètres. Ils sont arrivés dans la zone UE via la Hongrie. «J'avais les larmes aux yeux lorsque je suis enfin arrivé à la frontière. Ça m'a redonné de l'espoir», se souvient Naji.

Les gardes-frontière suisses ont pris les empreintes digitales des trois Syriens à la gare de Buchs. Après une brève interrogation, ils les ont laissés repartir.

Saint-Gall demande une répartition rapide

Par ailleurs, mercredi le gouvernement saint-gallois a demandé une répartition rapide des réfugiés dans les autres cantons. L'exécutif a annoncé mercredi qu'il va intervenir auprès du Secrétariat aux migrations (SEM).

En réponse à une interpellation urgente, le gouvernement saint-gallois a indiqué qu'il souhaite que le SEM crée davantage de places d'accueil. Il souhaite également que les réfugiés arrivés dans le canton de St-Gall soient rapidement répartis dans les autres cantons.

Le SEM a écrit aux cantons récemment pour leur demander de prendre des mesures en prévision d'une rapide augmentation du nombre de réfugiés en provenance de Syrie. Saint-Gall, canton frontalier, estime avoir bien avancé dans sa préparation et il demande à la Confédération d'assumer ses responsabilités.

Environ 80 réfugiés par jour

Au cours des derniers jours, environ 80 réfugiés se sont présentés quotidiennement à la frontière austro-suisse, précise le gouvernement saint-gallois. La police a aménagé un centre où elle rassemble toutes les informations sur les mouvements des réfugiés.

Un groupe de travail a été mis en place pour organiser des transports et des lieux d'accueil, notamment des installations de protection civile. A la gare frontalière de Buchs (SG), un ancien bureau de poste a été aménagé en centre de triage.

Le gouvernement saint-gallois estime qu'il devra trouver des sites supplémentaires pour loger provisoirement les nouveaux réfugiés. Les centres actuels sont pleins. L'exécutif demande à la Confédération de prendre à sa charge les coûts pour les logements provisoires.

Depuis le printemps et l'arrivée des réfugiés en provenance de Syrie, la Confédération a augmenté les capacités d'hébergement de 2400 à 3100 places. De plus, des traducteurs supplémentaires ont été engagés.

(mlü/jbu/ofu/ats)

Situation calme à la frontière suisse

Deux jours après la réintroduction des contrôles à la frontière de l'Allemagne, la situation était relativement calme en Suisse ce mardi. Les gardes-frontières suisses n'ont en effet pas remarqué de hausse de migrants. «Mais ça peut changer à tout moment», explique le porte-parole de l'Administration fédérale des douanes, Attila Lardori. «Nous sommes préparés à cela et pouvons mobiliser davantage de personnes en cas de nécessité.» Attila Lardori assure que les autorités suisses sont en contact permanent avec les autorités des autres pays.

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