Eddy de Pretto: «En tant qu’artiste, je suis comme un papier buvard»
Publié

Eddy de Pretto«En tant qu’artiste, je suis comme un papier buvard»

Eddy de Pretto est de retour avec un très attendu deuxième album, «À tous les bâtards». Interview.

par
Fabien Eckert
Le chanteur de 27 ans a été la Révélation masculine de l’année aux Victoires de la musique 2018.

Le chanteur de 27 ans a été la Révélation masculine de l’année aux Victoires de la musique 2018.

DR

En 2018, le Français au look androgyne faisait sensation avec son premier disque, «Cure». Le revoilà avec son successeur, «À tous les bâtards». Le propos est toujours aussi incisif et le flow, à mi-chemin entre slam et chanson, est toujours aussi percutant. Coup de fil, à la cool, à Eddy de Pretto.

La pression devait être forte vu votre précédent succès.

Oh que oui! Énorme même. J’ai dû me creuser la tête pour rester pertinent tout en gardant une certaine innocence, innocence que j’aurais pu perdre avec mon succès. En réalité, en 2019, j’avais peur, j’étais stressé. J’ai dû reprendre confiance en moi pour commencer à écrire.

«À tous les bâtards», ça s’adresse à qui?

Il faut le prendre du bon côté. Jamais auparavant, je me serais permis d’écrire sur mon étrangeté. Cette faiblesse que j’ai cachée, j’en ai fait une force. Aujourd’hui, à la différence de mon premier disque, je me sens légitime pour m’ouvrir.

Il y a un côté revanchard?

Il y a un peu de ça. Le boloss du lycée qui finit par dicter les règles (rire). C’est ce que je dis sur «Bateaux-mouches». Le climat social tend aussi vers le mieux. De plus en plus, il y a des représentations positives de choses qui étaient stigmatisées hier encore.

Vous évoquez aussi les violences policières ou l’écologie. Vous êtes un artiste militant?

On me posait déjà la question sur le premier disque. Si c’est militant de donner mon avis sur des trucs qui me soûlent, alors je le suis. En tant qu’artiste, je suis le papier buvard de la société.

Pourquoi cette pochette, réalisée par une de vos fans?

Tout art est une projection. Cette Genevoise, je crois, a dessiné avec bienveillance l’image que je lui renvoyais. Ça me faisait chier de me montrer trop beau sur une photo retouchée. Là, je me trouve chelou, bizarre. Ça ne m’a pas laissé indifférent. 

La pochette du deuxième album du Français.

La pochette du deuxième album du Français.

DR

Ton opinion