Eveline Widmer-Schlumpf: «En tant que femme, j'ai un problème avec la burqa»
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Eveline Widmer-Schlumpf«En tant que femme, j'ai un problème avec la burqa»

La conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf a présenté mardi devant les médias internationaux la position de la Suisse sur l'initiative anti-minarets, en votation fin novembre.

La ministre de justice et police est aussi revenue sur ses dires concernant le port de la burqua.

Interrogée à ce sujet au Club suisse de la presse à Genève, Eveline Widmer-Schlumpf a estimé que seule une partie des propos qu'elle a tenus récemment sur une chaîne de télévision thurgovienne a eu un écho médiatique. A savoir, qu'elle serait prête à interdire la burqa en Suisse si trop de femmes musulmanes se mettait à porter ce vêtement.

«J'ai expliqué qu'au niveau personnel, en tant que femme européenne, j'ai un problème avec ce genre de signe, s'est défendue la Grisonne. J'ai aussi dit que ce n'était pas un problème en Suisse, car peu de femmes portent la burqa, et ce sont surtout des touristes. Mais si cela devait poser problème un jour, on pourrait discuter d'une interdiction, en tenant compte du principe de proportionnalité.»

«Initiative irrecevable?»

Pour le reste, la ministre a rappelé que le Conseil fédéral s'oppose à l'intiative contre la construction de minarets. Ce texte viole la liberté de religion et l'interdiction de la discrimination garanties par la constitution, a-t-elle rappelé. De plus, il met en péril la paix religieuse et porte atteinte à l'image de la Suisse en tant pays attaché à la sauvegarde des droits fondamentaux.

Les journalistes étrangers lui ont justement demandé pourquoi la Suisse n'avait pas simplement déclaré cette initiative irrecevable. «Ce texte ne relève pas des règles contraignantes du droit international, comme l'interdiction de la torture», a-t-elle expliqué.

Conséquences économiques

Nombre de questions ont porté sur les conséquences pour la Suisse en cas de «oui» le 29 novembre. Selon Mme Widmer-Schlumpf, des conséquences économiques sont à prévoir, mais on ne peut pas encore les chiffrer. Pour l'heure, cette initiative n'a pas d'impact sur l'image de notre pays, dans la mesure où le système politique suisse de démocratie directe est bien accepté, a-t-elle précisé.

Véritable souci des initiants, la ministre ne craint pas un radicalisme de l'islam en Suisse, et cela même si l'initative est acceptée. L'Etat a les moyens juridiques de lutter contre le fanatisme religieux provenant d'une minorité, a-t-elle souligné. Et d'espérer que «l'islamophobie sera finie en Suisse après cette votation.»

(ats)

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