Italie: Encore et encore des soucis judiciaires pour le «sultan» Berlusconi

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ItalieEncore et encore des soucis judiciaires pour le «sultan» Berlusconi

Six ans de prison ont été requis contre l’ancien président du Conseil italien. On lui reproche d’avoir voulu acheter le silence des jeunes femmes qui prenaient part à ses fameuses soirées «bunga bunga».

Silvio Berlusconi n’a pas que des alliés en Italie…

Silvio Berlusconi n’a pas que des alliés en Italie…

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Silvio Berlusconi rêvait de finir sa carrière sous les ors du palais romain du Quirinal, comme président de la République, il se retrouve finalement empêtré dans un énième procès, où six ans de prison ont été requis contre lui mercredi. L’ex-Premier ministre italien, 85 ans, répond devant un tribunal milanais de subornation de témoins pour avoir rémunéré les jeunes invitées aux bacchanales qu’il organisait dans sa somptueuse ville d’Arcore, près de Milan, afin qu’elles témoignent en sa faveur.

Pour l’accusation, il ne fait aucun doute que le milliardaire s’était résolu à «payer pour le silence et les mensonges de ses invitées», une vingtaine au total, au premier rang desquelles Karima El Mahroug, dite Ruby.

Silvio Berlusconi tenait absolument à ce qu’elles ne révèlent rien des fameuses soirées «bunga bunga», qui donnaient une image sulfureuse de celui qui a occupé trois fois le poste de chef de gouvernement (1994-1995, 2001-2006 et 2008-2011). «On a promis à ces jeunes femmes un revenu mensuel de 2500 euros et un toit, une maison, un logement», a affirmé le procureur Luca Gaglio.Sa collègue Tiziana Siciliano a dressé le portrait peu flatteur d’un vieux «sultan» recourant à des «esclaves sexuelles rémunérées».

«Des esclaves sexuelles rémunérées»

«Il Cavaliere» était «un homme qui pouvait avoir le monde à ses pieds», un Premier ministre «qui avait des amitiés comme celle avec Poutine, qui aujourd’hui met le monde à genoux», mais aujourd’hui, «c’est une personne âgée, malade». Il «avait l’habitude d’égayer systématiquement ses soirées chez lui avec des groupes d’odalisques, esclaves sexuelles rémunérées, qui le divertissaient et, pour certaines, passaient la nuit avec lui», a-t-elle encore lancé, s’attirant les foudres des conseils de Berlusconi, qui a dénoncé des remarques «de mauvais goût».

Pour la défense, le paiement de ces millions d’euros était juste une manière de se montrer généreux envers des jeunes femmes dont l’affaire avait brisé la réputation.

Lente justice

Outre le milliardaire, 28 personnes sont accusées dans ce procès de première instance, notamment pour faux témoignage. Parmi elles, la vingtaine d’ex-invitées aux soirées organisées dans sa villa, dont Ruby, contre laquelle cinq ans de prison ont été requis.

Cette affaire illustre aussi la lenteur d’escargot de la justice italienne: alors que l’enquête a été conclue en 2015, elle n’a donné lieu à aucun jugement, une anomalie reconnue par la procureure. «Si un procès peut arriver à une condamnation en première instance au bout de huit ans, cela veut dire que le système a échoué», a-t-elle déploré.

(AFP)

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