Accouchement en Suisse: Encore trop de césariennes pratiquées
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Accouchement en SuisseEncore trop de césariennes pratiquées

Les sages-femmes s'inquiètent du taux élevé de césariennes pratiquées dans les hôpitaux suisses, où une femme sur trois accouche par césarienne.

Un grand nombre de césariennes ne sont pas justifiées d'un point de vue médical, a indiqué mardi la Fédération des sages-femmes.

L'an dernier, le pourcentage de naissances par césarienne s'élevait à 32,8% pour l'ensemble de la Suisse, selon les chiffres publiés lundi (hier) par l'Office fédéral de la statistique (OFS). En d'autres termes, un enfant sur trois a vu le jour en salle d'opération. Au cours des dix dernières années, la proportion des accouchements par césarienne a augmenté d'environ 10%.

«Une fois de plus, les différences observables entre les cantons montrent qu'un grand nombre de césariennes ne sont pas justifiées d'un point de vue médical. Il n'y a pas de raison valable pour que seulement 19,5% des Jurassiennes accouchent par césarienne, alors que c'est le cas de 40% des femmes dans les cantons d'Uri et de Zoug», relève la conseillère aux Etats socialiste genevoise Liliane Maury-Pasquier, présidente de la Fédération suisse des sages-femmes (FSSF).

Un «mythe»

La FSSF est convaincue qu'il est possible de limiter le nombre de césariennes en débattant des avantages et des risques des différents types d'accouchement. Il est indispensable de combattre le «mythe» selon lequel la césarienne garantit un accouchement plus simple et plus sûr.

La Fédération suisse des sages-femmes prévoit donc d'éditer une brochure d'information fondée sur des preuves scientifiques. La Société suisse de gynécologie et d'obstétrique (SSGO), la Société suisse de pédiatrie (SSP) et la Société suisse de néonatologie ont manifesté leur intérêt pour collaborer à sa réalisation.

Depuis la prise de position critique de la FSSF vis-à-vis du fort pourcentage de naissances par césarienne en 2008, aucune mesure concrète n'a encore été prise. La FSSF prie donc la Confédération d'assurer rapidement le financement des études prévues sur les causes et les conséquences du taux particulièrement élevé de césariennes. Elle appelle aussi les assurances-maladie et les cantons à examiner les possibilités d'actions existantes. (ap)

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