Ville de Genève: Encore un psychodrame budgétaire au bout du lac
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Ville de GenèveEncore un psychodrame budgétaire au bout du lac

Le Conseil municipal a refusé de voter le projet 2017 de l'Exécutif. Un coup de sang fréquent à Genève.

par
Jérôme Faas
Olivier Gurtner, conseiller municipal socialiste en Ville de Genève.

Olivier Gurtner, conseiller municipal socialiste en Ville de Genève.

L'an passé, c'était le Canton qui s'était montré incapable de voter un budget. Cette année, c'est la Ville. «On laisse une image capricieuse, désorganisée, se navre le conseiller municipal Olivier Gurtner (PS). Ça donne l'impression qu'on aime le conflit. Les élus feraient mieux de s'occuper des vrais problèmes.» Genève cultive en effet avec un talent certain les psychodrames budgétaires: l'Etat a usé des douzièmes provisoires (copier-coller de l'exercice précédent) en 1999, 2004, 2006, 2013 et 2016; la Ville y a eu recours en 1998 et remettra donc ça début 2017.

Samedi, une majorité hétéroclite (UDC, MCG, PLR, Verts, Ensemble à Gauche) a renvoyé en commission le budget de l'Exécutif. La gauche car elle voulait étudier les amendements déposés à la dernière minute par la droite. La droite car elle était outrée que la Mairie dépose des amendements à la dernière minute. «Il y avait trop d'inconnues, peste Simon Brandt (PLR), et l'on parlait de millions de francs. Si on nous avait informés mercredi, ça aurait suffi.» Daniel Sormanni (MCG) abonde: «On se moque de nous, on nous prive d'explications. On ne sert à rien!» Et comme «à Genève on ne fait rien comme ailleurs, c'est lié au caractère, le débat est toujours très vif», l'embauche prévue dans la petite enfance, par exemple, attendra. Simon Brandt ajoute: «Sur Vaud, il y a des Pierre-Yves Maillard qui prennent la peine de négocier avec la majorité du bord opposé.» Mais tous s'accordent: la fureur passée, le budget 2017 sera très vite voté.

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