Actualisé 03.07.2012 à 15:38

TélévisionEnfants trop sollicités par les pubs de «bouffe»

Près d'un tiers des spots publicitaires à la télévision vantent des produits alimentaires dans les émissions destinées aux enfants. La FRC s'en inquiète.

Les enfants sont trop sollicités par des spots «alimentaires» à la TV. Selon la Fédération suisse des consommateurs (FRC), McDonald's représente près de la moitié des marques de denrées alimentaires présentées dans la publicité télévisuelle.

Or plusieurs études ont montré qu'un enfant sur cinq souffre de surpoids sur le Vieux-Continent. L'obésité des jeunes n'est pas un problème réservé aux Etats-Unis. La FRC rappelle également les liens qui unissent la télévision, la «malbouffe» et l'obésité. Le manque d'exercice physique des jeunes téléspectateurs, ainsi qu'une alimentation trop grasse et trop sucrée, souvent vantée dans les spots publicitaires, engendrent les kilos en trop.

19 spots par heure

Une étude a donc été initiée en Suisse par la FRC et les organisations de consommateurs alémaniques et tessinois. Environ 671 heures de télévision 266 heures en Suisse romande sur six chaînes nationales (RTS1, RTS2, SF1, SF2, RSI1, RSI2) ont été enregistrées et analysées l'automne dernier. Près de 130'000 spots, diffusés pendant les émissions destinées aux juniors et aussi durant la tranche 18 à 21 heures ont été étudiés.

En moyenne, un jeune téléspectateur consomme ainsi presque 19 spots par heure, dont un tiers concernent des aliments en Suisse romande et un quart en Suisse alémanique. «Les petits Helvètes ingurgitent donc un grand nombre de messages publicitaires sur des aliments qui sont bien loin de correspondre aux recommandations officielles pour une assiette saine», écrit la FRC dans son communiqué.

Engagements

Les organisations de consommateurs reconnaissent qu'un grand nombre d'entreprises agro-alimentaires - 11 en Suisse - ont déjà renoncé volontairement à diffuser de la publicité destinée aux enfants de moins de 12 ans. En conduisant l'étude, qui sera publiée intégralement en automne prochain, la FRC et ses consoeurs alémanique et tessinoise entendaient vérifier si ces entreprises tiennent leur engagement.

Du côté des firmes s'étant engagées pour une communication «allégée», l'étude a ainsi pu constater des faits réjouissants. «Danone, Pepsico ou Procter&Gamble notamment ont bien été aux abonnés absents durant la période observée». D'autres, comme Kellogg's et Nestlé, respectent leur engagement, mais se basent sur des barèmes nutritionnels très permissifs.

Plus restrictif

Les organisations de consommateurs souhaitent imposer des critères exigeants, à l'instar de la Grande-Bretagne, pays où les standards concernant les jeunes sont bien plus restrictifs. «Ces marques ne seraient pas autorisées à être présentes durant les programmes pour enfants». (ap)

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