Tunisie: Ennahda promet de quitter le pouvoir fin octobre
Actualisé

TunisieEnnahda promet de quitter le pouvoir fin octobre

Le parti majoritaire, qui dirige le pays depuis deux ans, s'est engagé samedi à quitter le pouvoir avant fin octobre pour résoudre la crise politique qui agite la Tunisie.

Le chef d'Ennahda, Rached Ghannouchi et les dirigeants des partis d'opposition ont paraphé la feuille de route qui prévoit la désignation avant la fin de la semaine prochaine d'un Premier ministre indépendant.

Le chef d'Ennahda, Rached Ghannouchi et les dirigeants des partis d'opposition ont paraphé la feuille de route qui prévoit la désignation avant la fin de la semaine prochaine d'un Premier ministre indépendant.

Une feuille de route a été signée par le parti islamiste qui dirige l'actuel gouvernement, mais le parti du président Moncef Marzouki a pour sa part refusé de parapher le texte.

Le chef d'Ennahda, Rached Ghannouchi et les dirigeants des partis d'opposition ont paraphé la feuille de route qui prévoit la désignation avant la fin de la semaine prochaine d'un Premier ministre indépendant qui aura deux semaines pour former son cabinet.

Celui dirigé par Ennahda devra démissionner, le document précisant que «le gouvernement donne sa démission dans un délai ne dépassant pas trois semaines» après la première séance de «dialogue national».

La signature de ce texte rédigé par quatre médiateurs a été disputée jusqu'au bout, retardant la cérémonie de samedi. Mais finalement Rached Ghannouchi et les dirigeants de l'opposition l'ont signé devant la presse et la classe politique, à l'exception toutefois du Congrès Pour la République, le parti du président Moncef Marzouki et allié séculier d'Ennahda, qui a refusé de signer cette feuille de route.

Deux ans au pouvoir

Ennahda s'est engagé politiquement mais pas juridiquement à quitter le pouvoir exactement deux ans après sa victoire aux élections d'octobre 2011, le premier scrutin libre de l'histoire du pays. Le parti a depuis été fragilisé par deux assassinats d'opposants, des disputes politiques successives, et des conflits sociaux à répétition sans pouvoir mener à bien la rédaction de la Constitution.

Le précédent gouvernement dirigé déjà par les islamistes avait démissionné en février après l'assassinat de l'opposant de gauche Chokri Belaïd. Quant à la crise actuelle, elle a été déclenchée par le meurtre d'un autre député de la gauche tunisienne Mohamed Brahmi.

Attaques sur Twitter

La feuille de route prévoit l'adoption dans les quatre semaines d'une Constitution et d'un calendrier électoral, des sujets bloqués depuis des mois. Mais les deux camps, qui entretiennent des relations délétères, se sont à nouveau vivement attaqués, les négociations de fond ne devant débuter qu'en début de semaine prochaine.

Jusqu'au bout samedi, selon l'opposition, Ennahda a tout fait pour ne pas parapher la feuille de route avant de céder. Signe du climat de tension régnant entre les deux camps, le chef du parti islamiste a critiqué l'opposition sur Twitter. «Après un retard dû au chantage de dernière minute de l'opposition, coup d'envoi du dialogue national», a-t-il écrit.

Avant d'obtenir la démission formelle du gouvernement, le «dialogue national» doit dégager un compromis sur l'identité des futurs membres du gouvernement. «Nous n'allons pas décevoir les Tunisiens ni le dialogue», a assuré le Premier ministre Ali Larayedh devant une foule de responsables de partis, les médiateurs de la crise et Moncef Marzouki, qui a indiqué qu'un échec des pourparlers «portera un coup aux droits de centaines de milliers de Tunisiens».

Le président de l'Assemblée nationale constituante (ANC), Mustapha Ben Jaafar, allié laïque des islamistes, a souligné, lui, dans un discours qu'un «échec serait un péché dont nous aurons à répondre».

Experts prudents

Le secrétaire général de l'UGTT, principal syndicat du pays et médiateur de la crise actuelle, a pour sa part rappelé aux partis politiques l'urgence de résoudre leurs différends. «La Tunisie passe par une crise politique, économique, sociale sans précédent qui nécessite des mesures audacieuses», a déclaré Houcine Abassi.

Les experts étaient très prudents quant aux chances de succès de ce «dialogue national», dont l'organisation a nécessité deux mois de négociations sous l'égide de l'UGTT et de trois autres médiateurs. (ats)

Ton opinion