Actualisé 20.05.2014 à 14:24

Saint-GallEnquête après le suicide d'un meurtrier en prison

Le Tribunal fédéral a jugé qu'une enquête devait être ouverte pour déterminer les éventuelles responsabilités des employés d'une prison Saint-Galloise après la mort d'un détenu.

Placé en détention préventive dans une prison de Saint-Gall, cet homme de 52 ans, d'origine kosovare, avait mis fin à ses jours en novembre 2010. Quelques jours auparavant, il s'était blessé à la tête, provoquant une fracture cervicale. Un nœud coulant avait été trouvé dans sa cellule. Les autorités n'avaient pas pris la peine d'examiner si les blessures pouvaient provenir d'une tentative de suicide.

On ne peut exclure une éventuelle responsabilité des autorités, qui auraient omis de prendre les mesures qui s'imposaient pour éviter un suicide, relève le TF dans un arrêt diffusé mardi. Il accepte le recours d'un fils du meurtrier et rappelle que l'homme était soumis à un régime extrêmement strict, susceptible de provoquer des troubles psychiques.

En 1999, le Kosovar avait tué l'enseignant de sa fille, alors âgée de 14 ans. L'adolescente avait confié à son professeur que son père avait abusé d'elle. Après son geste, le père de famille avait fui la Suisse et s'était réfugié dans son pays, à l'époque province serbe. Il avait été jugé au Kosovo et condamné à quatre ans de réclusion avant que la justice saint-galloise, qui réclamait une peine plus sévère, n'obtienne son extradition.

L'homme s'était suicidé quelques jours avant une confrontation prévue avec sa fille. En 2001, la jeune femme avait obtenu la nationalité suisse et une nouvelle identité, justifiée par la crainte de représailles de la famille de son père. (arrêt 1C_633/2013 du 23 avril 2014) (ats)

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