Zurich: Enquête contre trois chefs de clinique un peu trop gourmands
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ZurichEnquête contre trois chefs de clinique un peu trop gourmands

Des cadres de l’hôpital universitaire sont dans le collimateur de la justice, soupçonnés d’avoir servi leurs intérêts privés et commis des irrégularités pour y parvenir. Tous trois ont démissionné ou sont sur la touche.

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Le directeur de la clinique de chirurgie orale et maxillo-faciale de l'hôpital universitaire de Zurich (USZ) a donné sa démission. Soupçonné d'avoir systématiquement orienté des patients vers son cabinet privé, il fait actuellement l'objet d'une enquête préliminaire du Ministère public zurichois. Martin Rücker, qui était en place depuis six ans, quittera l'hôpital universitaire à la fin de l'année à sa demande, a indiqué jeudi l'USZ. La direction et le conseil de l'USZ «regrettent» cette décision.

L'enquête préliminaire ouverte par le Ministère public vise à savoir si des délits relevant du pénal ont été commis. Si les soupçons se révèlent exacts, une procédure pénale pourrait être ouverte.

Trois opérations en même temps

Deux autres cadres de l'USZ sont aussi dans le collimateur du Ministère public zurichois. Le directeur de la clinique de gynécologie a déjà démissionné. Selon le plan des interventions aux blocs chirurgicaux, il aurait opéré trois femmes en même temps.

Le chef de la clinique de chirurgie cardiaque est quant à lui soupçonné d'avoir utilisé des implants provenant d'une entreprise dans laquelle il a des intérêts directs. Il n'aurait pas fait preuve de la transparence nécessaire sur un éventuel conflit d'intérêts.

Par ailleurs, il aurait aussi dissimulé dans des articles professionnels qu'un patient avait dû être réanimé pendant une intervention chirurgicale. Ce directeur de clinique a été mis en congé jusqu'à la fin de l'enquête.

Ces affaires ont causé des remous parmi les élus. Les socialistes et les Verts ont notamment sévèrement critiqué ces trois médecins. «Ces professeurs ont violé l'éthique professionnelle, les principes scientifiques et même les lois. Ils l'ont fait par appât du gain aux dépens des contribuables, des assurances et des payeurs de primes», ont écrit les deux partis dans un communiqué commun.

(ATS)

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