Actualisé 16.03.2014 à 13:17

Allemagne

Enquête dans les locaux de Credit Suisse

Les locaux de Credit Suisse ont été perquisitionnés en Allemagne, fin février, lors d'une opération à travers tout le pays.

Une enquête a été menée dans la filiale allemande de Credit Suisse.

Une enquête a été menée dans la filiale allemande de Credit Suisse.

Les locaux de Credit Suisse ont été perquisitionnés en Allemagne, fin février, lors d'une opération à travers tout le pays. Et ce, pour cause de soupçons de délit d'initié en lien avec la reprise de Roth&Rau par le spécialiste bernois des technologies photovoltaïques Meyer Burger. Une enquête a été menée dans la filiale allemande de Credit Suisse, confirme une porte-parole du Ministère public de Stuttgart. La banque elle-même ne figure, cependant, pas parmi les accusés.

Mise en examen

Selon le journal «WirtschaftsWoche», un employé de l'établissement, soupçonné de délit d'initié en lien avec des actions de l'entreprise active dans le domaine solaire Roth&Rau, a été mis en examen. Il a été libéré le jour suivant la perquisition de Credit Suisse. La porte-parole du Ministère public de Stuttgart ne s'exprime pas sur les personnes accusées. A la question de savoir s'il y a eu une instruction, elle répond: «Cela, je ne peux le démentir».

Le numéro deux bancaire helvétique se refuse, pour sa part, à tout commentaire. De même pour le gendarme allemand de la Bourse, le Bafin, qui prie de se référer au Ministère public. Meyer Burger va observer avec attention si l'entreprise a été lésée, indique un porte-parole, contacté par l'ats. Ce dernier se refuse à davantage de commentaires.

Lourd rachat

Le groupe avait racheté, en 2011, l'allemand Roth&Rau pour quelque 350 millions d'euros. Roth&Rau était conseillé alors par Credit Suisse. Avant le lancement de l'offre d'achat, le responsable des finances Dietmar Roth et les familles fondatrices de l'entreprise avaient vendu leur part de 11,3% au total dans Meyer Burger. L'acquisition s'était révélée coûteuse: amortissements et dépréciations, dus essentiellement à cette société, se sont élevés à 161,7 millions de francs. Le directeur général de Meyer Burger, Peter Pauli, jugeait ce rachat comme une nécessité stratégique: «Le prix joue un rôle mineur».

Selon «WirtschaftsWoche», le Ministère public reproche aux accusés d'avoir monnayé des informations privilégiées à propos de cette acquisition imminente. Avant que les actionnaires de Roth&Rau offrent 22 euros par titre, le cours de l'action avait grimpé de plus de 50%. Les initiés auraient, prétendument, investi avant tout dans des produits dérivés. Cette enquête s'inscrivait dans une vaste razzia à la fin du mois passé. Quelque 50 appartements et bureaux ont été perquisitionnés en Suisse et dans huit Etats allemands, en particulier dans la Hesse. Vingt-trois personnes, âgées de 32 à 64 ans, sont soupçonnées de délits d'initié portant sur des reprises d'entreprises, se chiffrant en millions, précise pour sa part la police judiciaire du Bade-Wurtemberg. (ats)

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