Actualisé 21.05.2012 à 14:59

Affaire DSKEnquête ouverte pour «viol en réunion»

Une enquête préliminaire a été ouverte pour «viol en réunion», après les témoignages de deux prostituées qui ont participé à une partie fine en présence de Dominique Strauss-Kahn, en 2010 à Washington .

Le Parquet de Lille a ouvert lundi une enquête préliminaire pour des faits présumés de «viol en réunion» à l'encontre de Dominique Strauss-Kahn. L'ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI) rejette ces accusations.

Les faits se seraient déroulés à Washington entre le 15 et le 18 décembre 2010. Selon une déposition recueillie par la police, M. Strauss-Kahn aurait imposé un rapport sexuel violent à une prostituée avec l'aide de trois amis, tous trois mis en examen pour proxénétisme dans l'affaire dite du «Carlton».

Le Parquet avait été saisi le 28 mars par les juges d'instruction «d'une ordonnance de soit-communiqué à toutes fins utiles, pour des faits de viol en réunion». Il a annoncé lundi avoir ordonné une enquête, «conformément à l'usage» et l'avoir confiée à la police judiciaire de Lille.

Pas de plainte

Ces faits font suite aux témoignages de deux prostituées belges ayant participé au séjour à Washington. L'une d'entre elles - qui n'a toutefois pas porté plainte - indique y avoir subi lors d'une soirée le 16 décembre 2010 certains actes sexuels de manière non consentie.

L'enquête devra éclaircir ce qu'il s'est passé lors de ce voyage. Interrogée par le quotidien «Le Parisien» le 13 mai, l'autre escort- girl belge, présente dans la même chambre, a affirmé qu'il n'y avait pas eu de viol. Si sa collègue «avait vraiment et clairement dit non», elle serait «intervenue, bien sûr», a-t-elle dit.

L'avocat de DSK a dénoncé «un acharnement invraisemblable» contre son client. «Je ne connais pas l'usage consistant à ouvrir des enquêtes préliminaires pour viol en réunion, alors que la personne concernée, qui a été longuement entendue, n'a pas déposé plainte pour viol», a déclaré Me Richard Malka.

Début mai, l'ex-patron du FMI avait déjà contesté par le biais de ses avocats «avoir commis la moindre violence de quelque nature que ce soit» et parlé de «volonté de lynchage».

Après sa première mise en examen, ses avocats avaient déjà estimé qu'on cherchait à faire un procès à leur client sur le terrain de la morale en raison de ses moeurs «libertines».

Vingt ans de réclusion

Soupçonné d'avoir contribué à animer un réseau de prostitution à son profit avec plusieurs proches, dont un commissaire de police, «DSK» a été mis en examen le 26 mars pour «proxénétisme aggravé en bande organisée», des faits passibles des Assises et de 20 ans de réclusion. Le viol en réunion est d'ailleurs lui aussi un crime passible de 20 ans de réclusion.

Ancien favori des sondages pour la présidentielle, Dominique Strauss-Kahn nie les accusations dans ces deux affaires, même s'il ne conteste pas avoir eu des rapports avec des femmes présentées par ses amis. Il dit avoir ignoré qu'il s'agissait de prostituées.

DSK devra de nouveau être entendu

L'option choisie, l'enquête préliminaire sous le contrôle du procureur, est un moindre mal pour Dominique Strauss-Kahn. Ce type d'enquête est toujours placé sous la responsabilité du Parquet. Il aurait aussi été possible de saisir directement les juges d'instruction par un réquisitoire dit «supplétif», ce qui aurait entraîné quasi directement une mise en examen.

Il n'en demeure pas moins que Dominique Strauss-Kahn devra être entendu par les enquêteurs sur ces faits, ainsi que les autres protagonistes, après quoi il pourra procéduralement être décidé soit d'un réquisitoire supplétif, soit d'une information judiciaire distincte, soit d'un classement sans suite.

L'ancien ministre socialiste est sous contrôle judiciaire et a dû verser une caution de 100'000 euros. Il était rentré des Etats-Unis en septembre 2011 après l'abandon des poursuites par le Parquet de New York dans une affaire d'agression sexuelle présumée sur une femme de chambre en mai.

Le Parquet de Paris a ensuite enquêté, mais classé sans suite pour prescription, tout en jugeant les faits établis, une autre plainte de l'écrivain Tristane Banon relative à des événements présumés remontant à 2003 à Paris. (ats/ap/afp)

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