23.09.2020 à 15:32

GenèveEnquête sur des armes en 3D: condamnée, la RTS fait opposition

Une journaliste de la RTS avait été condamnée à 60 jours-amende avec sursis pour infractions à la loi sur les armes en raison d’un reportage sur les risques liés à un pistolet imprimable en 3D. Le média a décidé de faire opposition au nom de la liberté de la presse et de l’intérêt public.

La RTS estime que l’enquête de sa journaliste a permis d’alerter le public sur les dangers de l’impression 3D, a-t-elle indiqué mercredi dans un communiqué.

La RTS estime que l’enquête de sa journaliste a permis d’alerter le public sur les dangers de l’impression 3D, a-t-elle indiqué mercredi dans un communiqué.

KEYSTONE

Condamnée par le Ministère public genevois à la suite d’une enquête sur les risques liés aux armes imprimables en 3D, la RTS a décidé de faire opposition. Elle défendra la liberté de la presse devant le tribunal de première instance de Genève, a-t-elle indiqué mercredi dans un communiqué.

Le 7 avril 2019, le 19h30 a diffusé une enquête d’une de ses journalistes sur les risques liés aux armes imprimables en 3D. Conçu par un Américain, le «Liberator» est un pistolet en plastique, dont les plans peuvent être téléchargés afin de réaliser les pièces nécessaires à sa construction à l’aide d’une imprimante 3D. La justice américaine a tenté d’enrayer le phénomène, rappelle la RTS.

Un pistolet «Liberator» photographié en août 2018 au Texas, aux États-Unis.

Un pistolet «Liberator» photographié en août 2018 au Texas, aux États-Unis.

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Mais comme l’a démontré l’enquête du 19h30, il était encore possible, au printemps 2019, de télécharger ces plans et de faire imprimer les pièces de l’arme en Suisse. Le montage étant facile, tout un chacun pouvait se procurer un pistolet parfaitement fonctionnel, à moindre frais et hors de tout contrôle, selon la RTS.

Journaliste condamnée

À la suite de ce reportage, le Ministère public genevois a ouvert une instruction pénale et condamné la journaliste à 60 jours-amende avec sursis pour infractions à la loi sur les armes. «Cette décision nous inquiète au plus haut point. Le travail irréprochable de notre journaliste a permis d’alerter le public sur les dangers de cette nouvelle technologie», explique Bernard Rappaz, rédacteur en chef.

«La justice ne peut ignorer l’intérêt public prépondérant qui motive la démarche journalistique du 19h30», argumente Jamil Soussi, avocat de la RTS. La journaliste «n’a pas agi dans le but de violer la loi, mais de la sauvegarder», ajoute-t-il. Il plaidera l’acquittement.

(ATS/NXP)

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