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France - Affaire BettencourtEnquête sur l'évasion fiscale

Le gouvernement français ne fera pas obstacle à une enquête pour blanchiment de fraude fiscale visant l'héritière de L'Oréal Liliane Bettencourt.

Le ministre du Travail Eric Woerth est sur la sellette dans cette affaire.

Le procureur de Nanterre, Philippe Courroye, prépare cette enquête sur la base notamment des enregistrements clandestins des propos du gestionnaire de fortune de la femme la plus riche de France, qui est au coeur d'un vif débat qui éclabousse le gouvernement en période de crise.

«Le parquet le peut», a dit Michèle Alliot-Marie sur Europe 1. «Il est évident que je n'y mets pas d'obstacle.»

L'enquête du parquet sera basée sur les enregistrements clandestins rendus publics à l'occasion du procès du photographe François-Marie Banier, soupçonné par la fille de la milliardaire d'avoir abusé de la «faiblesse» présumée de sa mère pour obtenir d'elle des dons d'environ un milliard d'euros.

Comptes en Suisse

Le gestionnaire de la fortune de Liliane Bettencourt, Patrice de Maistre, y parle de comptes en Suisse. Ces comptes contiennent environ 80 millions d'euros.

Le tribunal de Nanterre (Hauts-de-Seine) a décidé jeudi de reporter le procès de François-Marie Banier pour un supplément d'information. Mais le parquet a fait appel pour bloquer cette nouvelle enquête sur les enregistrements pirates, décision prise indépendamment, a dit Michèle Alliot-Marie.

L'héritière de L'Oréal a aussi reconnu dans un communiqué avoir des biens à l'étranger, dont des comptes en Suisse, et annoncé qu'elle allait rapatrier ces biens en France.

«Fraude bien organisée»

Michèle Alliot-Marie a estimé qu'il fallait sévir. «Ce qui s'est passé, semble-t-il, c'est que parmi les gens qui étaient autour d'elle, certains avaient organisé une fraude visiblement bien organisée puisqu'elle a échappé au contrôle normal qui est effectué par les services fiscaux», a-t-elle dit.

Cette affaire a provoqué une tourmente politico-médiatique, le ministre du Travail Eric Woerth, qui était ministre du Budget et donc à la tête des services de contrôle fiscaux jusqu'en mars 2009, étant soupçonné de conflit d'intérêt dans ce dossier.

Son épouse Florence Woerth, qui travaillait chez Clymène, gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, a récemment démissionné après la publication des enregistrements.

Michèle Alliot-Marie a également démenti que Liliane Bettencourt n'ait plus fait l'objet d'un contrôle fiscal depuis 15 ans, comme l'affirme le site internet Mediapart. «Mme Bettencourt (était), comme tous les très gros contribuables français, soumise régulièrement à des contrôles», a-t-elle expliqué.

(afp)

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