Suisse: Enquête sur les agressions sexuelles en psychiatrie
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SuisseEnquête sur les agressions sexuelles en psychiatrie

Alors qu'ils devraient être systématiquement séparés dans les cliniques, femmes, hommes et enfants ne le sont pas forcément. Une pratique qui ouvre la porte à des violences sexuelles.

La mixité dans certains établissements ouvre la porte aux agressions sexuelles.

La mixité dans certains établissements ouvre la porte aux agressions sexuelles.

Keystone/Steffen Schmidt

La Commission nationale pour la prévention de la torture (NKVF) mène une enquête sur des hôpitaux psychiatriques en Suisse. Selon la SonntagsZeitung, des rapports font état quenombre de ces cliniques ne peuvent pas accueillir séparément les hommes et les femmes alors que les chambres ne disposent pas de verrou. Mêmes problèmes dans les douches, qui sont elles aussi partagées dans certaines institutions.

Dans certains cas, des mineurs seraient même accueillis avec des adultes. Pourtant, la Convention internationale sur les droits de l'enfant et le Comité anti-torture du Conseil de l'Europe exigent formellement un logement séparé dans ce genre de cas, comme l'explique Sandra Imhof, directrice générale de la NKVF.

Porte ouverte aux violences sexuelles

La directrice explique que l'organe de prévention a débuté son enquête à la suite d'un cas inquiétant. Lors de sa visite à l'hôpital psychiatrique universitaire de Zurich, un mineur a avoué avoir été harcelé par deux hommes. Le caractère sexuel de ces actes a également été reconnu.Une autre affaire pénale avait éclaté à Bâle alors qu'un jeune de 12 ans avait lui aussi été agressé dans les hôpitaux universitaires. Les services psychiatriques du canton d'Argovie ont de leur côté signalé deux cas d'agression sexuelle durant l'année écoulée.

Werner Tschan, directeur de l'Institut de psycho-traumatologie de Bâle, voit des point positifs à mêler hommes et femmes durant les thérapies: «D'un point de vue thérapeutique, la mixité doit avoir un sens. Mais cela ouvre aussi la porte à la violence sexuelle», avance-t-il dans la SonntagsZeitung. Ces endroits deviennent alors des «zones de risque absolu».

Une médecin assure également qu'un grand nombre de cas ne sont tout simplement pas signalés. Les preuves sont souvent insuffisantes, et les patients en psychiatrie sont souvent en position de faiblesse «car ils savent que le personnel ne les croira pas à cause de leur maladie.» (20 minutes)

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